Les scandales sexuels s'invitent au débat Plante-Coderre

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Pierre-André Normandin et David Santerre
La Presse

L'ombre du scandale sur les inconduites sexuelles a plané sur le débat à la mairie de Montréal, jeudi, suscitant un malaise quand Denis Coderre a accusé Valérie Plante de politiser le congédiement pour harcèlement de «monsieur Fluidité», Pierre Lacasse. Les deux candidats ont aussi été à couteaux tirés sur le financement public d'un nouveau stade de baseball et la centralisation des services à la Ville de Montréal.

Valérie Plante a entamé ce débat organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain en se disant «troublée par la récente vague d'allégations qui secouent Montréal», faisant référence aux affaires Rozon et Salvail. «Ça suffit. À vous qui êtes des leaders, mon message, vous devez prendre votre leadership et rendre les milieux de vie et de travail sécuritaires pour toutes et tous», a-t-elle ajouté, Denis Coderre appuyant ses propos.

Mais la question des inconduites sexuelles en milieu de travail a ressurgi de manière étonnante plus tard dans un volet du débat consacré à la circulation. Quand Valérie Plante a estimé que l'embauche du chroniqueur à la circulation Pierre Lacasse n'avait pas porté ses fruits, le maire s'est indigné en répondant que son congédiement était lié non pas à son rendement, mais à une question de harcèlement. «On voulait protéger des employées féminines.»

Après le débat, le maire a justifié sa sortie. «Je trouvais qu'on faisait de la politique pas mal. On ne peut pas d'un côté dire "c'est tolérance zéro" et essayer de marquer des points avec cela. C'était un cas de harcèlement, et pour moi, c'est tolérance zéro. Avec le mouvement #MoiAussi, je ne voulais pas qu'on mêle les choses.» Valérie Plante affirme avoir voulu se limiter au rendement professionnel de l'homme.

L'histoire de ce congédiement avait été sommairement rapportée dans les médias cet été. Joint par La Presse, M. Lacasse dit être tombé des nues en apprenant ce qui avait été dit de lui par le maire. Il a tout nié sans vouloir commenter plus amplement « ce très dur moment de [sa] vie ».

Flammèches sur le baseball

Les deux candidats se sont aussi affrontés sur l'opportunité d'investir de l'argent public dans la construction d'un nouveau stade de baseball. Denis Coderre a jugé la question prématurée puisque les attentes n'ont jamais été précisées. «Sur le plan financier, ça peut être 100, 200, ou 300 millions», a-t-il évoqué. S'il ne veut pas s'engager davantage, c'est, dit-il, qu'il veut demeurer «respectueux de la Ligue de baseball», avec qui il est en discussions.

«Quand je vous entends dire vouloir être respectueux de la Ligue de baseball, moi, je veux être respectueuse du portefeuille des Montréalais», a répliqué Valérie Plante. La candidate a aussi rejeté l'argument voulant qu'il soit trop tôt pour en discuter. «Ce n'est pas mettre la charrue devant les boeufs quand vous avez déjà un dessin de ce stade», faisant allusion à une maquette affichée dans le bureau du maire depuis quelques années.

Lien avec les arrondissements

La relation entre les arrondissements et la ville-centre a aussi provoqué un accrochage entre les deux candidats. Denis Coderre a défendu l'harmonisation des services que son administration a entreprise, niant qu'il s'agissait d'une opération de centralisation. «Qu'on enlève la neige tout le monde en même temps, je pense que c'est correct», a-t-il dit. Le maire sortant en a profité à plusieurs reprises pour s'en prendre au maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, membre de Projet Montréal.

«Je ne le vois pas souvent à vos côtés, je ne demande pas ce que vous faites avec», a-t-il dit. «Si vous voulez être maire du Plateau, grand bien vous fasse! Quittez la course à la mairie de Montréal et devenez maire du Plateau», a rétorqué Valérie Plante.

La loi sur la neutralité dénoncée

Les deux candidats s'entendent sur une chose. La loi sur la neutralité religieuse adoptée aujourd'hui à Québec doit être dénoncée. «Je ne veux pas mettre une pression indue sur nos employés pour en faire une police du niqab ou de la burqa», a dénoncé Denis Coderre. Pour lui, la question de l'intégration ne passe pas par l'habillement, mais plutôt par l'emploi. «On doit s'assurer que les nouveaux arrivants puissent travailler dans leur domaine. Si on avait la reconnaissance des titres, avec le taux de chômage qu'on a actuellement, on aurait le plein emploi», a estimé le maire sortant.

«Il n'est pas question de bafouer les droits des Montréalais. La loi actuelle, c'est ce qu'elle fait. Tous les Montréalais ont le droit d'avoir des services. On va aller défendre ça à Québec. Cette loi ne s'adapte pas à la réalité de Montréal», a quant à elle estimé Valérie Plante.

Des échanges appréciés

Après le débat, auquel assistaient près de 500 personnes, les deux candidats se sont dits satisfaits de leur prestation. Denis Coderre s'accordait une bonne note. «Je me donne beaucoup. J'ai gardé mon calme, j'ai souri.»

Sa rivale n'a toutefois pas aimé qu'il dise dans son point de presse de clôture que «Mme Plante s' [était] bien comportée, elle a fait un bon débat». «Je ne m'attends pas à ce qu'on me dise que je me suis bien comportée. Je suis une femme mature, majeure et vaccinée. Ceci étant dit, j'ai beaucoup apprécié les échanges », a réagi Valérie Plante, mi-figue, mi-raisin, à la déclaration de son adversaire.




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