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UPAC: enquête sur l'ombudsman de Montréal

L'UPAC a ouvert une enquête criminelle sur l''ombudsman de... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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L'UPAC a ouvert une enquête criminelle sur l''ombudsman de Montréal, Joanne Savard, et a saisi du matériel informatique à son bureau de même qu'à son domicile.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

L'ombudsman de Montréal, Me Johanne Savard, offre son entière collaboration à l'enquête criminelle la concernant, qui est en cours à l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

Dans un communiqué de presse émis ce matin, Me Savard déclare que « l'intégrité et l'honnêteté sont des valeurs fondamentales» pour elle. «[Les enquêteurs] peuvent compter sur mon entière collaboration. Je répondrai à toutes leurs questions, si jamais ils m'interrogent. Je sais que je n'ai rien à me reprocher », déclare l'ombudsman qui ne fera aucun autre commentaire.

Selon elle, il s'agit d'une enquête relevant du Service de police de la ville de Montréal (SPVM). Mais l'équipe qui se penche sur le dossier de Me Savard a été intégrée à l'UPAC.

Comme le révélait ce matin La Presse, l'ombudsman fait l'objet d'une enquête en lien avec des fournisseurs de la Ville et concernant l'utilisation du budget de ce service aux citoyens.

Dans le cadre de cette enquête, l'UPAC a procédé à deux perquisitions en décembre dernier. Les policiers ont saisi du matériel informatique au bureau de l''ombudsman situé à l'hôtel de ville, ainsi qu'à sa résidence personnelle. Ils sont également repartis avec des documents en format papier.

Aucune arrestation ni aucune accusation n'ont été faites dans ce dossier qui, selon des sources policières, est toujours ouvert.

Jointe à son bureau mercredi, Me Savard a d'abord nié qu'il y ait eu perquisition, affirmant tout ignorer de la nature de l'enquête. Vingt-quatre heures plus tard, elle a reconnu à La Presse avoir vu le mandat de perquisition exposant les soupçons de la police. L'enquête la vise personnellement dans le cadre de ses fonctions de protecteur du citoyen qu'elle occupe depuis 12 ans, a-t-elle confirmé.

Vengeance

«On m'a montré le mandat de perquisition, mais on ne m'a pas permis d'en faire une photocopie. Les allégations sont en rapport avec les fournisseurs de la Ville et les finances de mon bureau. Mais je ne suis pas inquiète», a soutenu Johanne Savard.

Le budget annuel de l'ombudsman s'élève à un peu plus de 1 million par année afin de traiter les quelque 1400 plaintes annuelles des citoyens montréalais.

«Je n'ai aucune influence sur l'octroi de contrats à Montréal, a affirmé Me Savard; 90% de mon budget est dévolu à la masse salariale. Ma marge de manoeuvre est donc très mince.»

Johanne Savard croit être la cible d'une vengeance de la part d'une ancienne employée mécontente d'une mauvaise évaluation. «Les allégations sont arrivées en concomitance avec cette situation de conflit», souligne-t-elle.

Du même souffle, Me Savard se désole que l'information soit rendue publique à cette étape-ci: «Même si les allégations sont fausses, ma réputation sera écorchée parce que quelqu'un aura soulevé un doute.»

À l'UPAC, on ne confirme pas qu'une enquête est ouverte concernant l'ombudsman ni que des perquisitions ont été menées.

Confidentialité des plaintes

Me Savard a entrepris des démarches devant les tribunaux afin de lui permettre de récupérer tous les dossiers de plaintes des citoyens qui sont contenus dans les ordinateurs. Une audience a eu lieu cette semaine pour redonner des boîtes pleines de pièces informatiques (des clés USB dont l'une identifiée «ombudsman de Montréal» et une autre contenant des courriels saisis à l'adresse d'un autre édifice municipal, des disques durs, le portable de Me Savard qu'elle utilise pour travailler à la maison, une tour d'ordinateur, un iPad et des piles d'ordinateurs).

Dans quelques semaines, l'ombudsman récupérera les documents papier lors d'une autre audience en cour.

«Comme ombudsman, je suis très préoccupée par la confidentialité des dossiers que les Montréalais me confient», a-t-elle expliqué.

Me Savard a prévenu le directeur général de la Ville, Alain Marcoux, la journée même de la perquisition policière. Par l'entremise du service des communications, M. Marcoux a indiqué qu'il ignorait toutefois quel était l'objet de la perquisition et la nature de l'enquête. Il a rappelé que l'ombudsman ne relève pas de sa responsabilité. Me Johanne Savard a été nommée à l'unanimité du Conseil municipal.

- Avec la collaboration de Daniel Renaud




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