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Les cols blancs menacent de recourir à la grève générale

Les syndiqués opposés au projet de loi 3... (PHOTO MATHIEU WADDELL, LA PRESSE)

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Les syndiqués opposés au projet de loi 3 se sont fait entendre dans les rues du Québec hier. Ils ont simultanément manifesté devant les bureaux de 11 élus du gouvernement du Québec.

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Jasmin Lavoie
La Presse

Après les cols bleus, au tour des cols blancs de Montréal de menacer de recourir à la grève générale illimitée. Dès mardi, le comité de direction du Syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal se réunira pour préparer cet ultime moyen de pression, a appris La Presse.

Le président du syndicat, Alain Fugère, se dit prêt à tout pour s'opposer au projet de loi sur les régimes de retraite. «Il y a des services qui seraient paralysés solidement, lance le leader syndical au sujet d'une possible grève.

S'il y a des plans et devis à faire, ils ne se feraient plus. Il n'y n'aurait plus de surveillance de travaux, plus d'inspecteurs, plus d'agents de stationnement.»

«Si, la semaine prochaine, on s'entend pour dire qu'on va passer le message à notre structure et que notre structure est à l'aise avec ça, on va aller de l'avant», a dit le leader syndical.

Le Syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal représente plus de 10 000 travailleurs répartis dans les 16 villes de l'île de Montréal. Il s'agit du plus grand syndicat de la ville.

Ses membres sont sans contrat de travail depuis 2011. C'est ce qui explique qu'ils pourraient faire la grève, contrairement à ceux qui sont assujettis à une convention collective valide.

Tout comme ses autres collègues opposés au projet de loi 3, Alain Fugère place très peu d'espoir dans la commission parlementaire sur les régimes de retraite dont les audiences débuteront le 20 août. À son avis, le recours à la grève devient même «quasi inévitable» compte tenu de l'entêtement du gouvernement à aller de l'avant avec son projet de loi. «Si c'est ça qu'il souhaite, c'est inévitable, ça s'en va vers là pas mal». Le syndicaliste n'a toutefois pas voulu s'avancer sur la date de début de la grève.

Alain Fugère déplore aussi l'attitude du maire de Montréal dans le dossier des régimes de retraite. Selon lui, Denis Coderre tient un double discours. «En public, il disait qu'il voulait un projet de loi et, en privé, il nous disait: «Non, non, vous pouvez négocier.» M. Coderre est un politicien de carrière et on le voit.»

Hier, le maire de Montréal a demandé aux cols bleus de Montréal, qui menacent aussi de recourir à la grève, de «se calmer le pompon». Il s'est dit ouvert à la négociation.

Joint par La Presse, le cabinet du maire n'a pas voulu commenter les propos du président des cols blancs.

«Semaines molles»

Dès la semaine prochaine, les «blancs» intensifieront leurs moyens de pression. Un mot d'ordre sera envoyé aux cols blancs pour qu'il aillent travailler en «linge mou» (pantalons de jogging ou de pyjama, etc.). «C'est notre moyen à nous de ne pas entraver le service à la population tout en montrant notre mécontentement face au projet de loi 3» ajoute Alain Fugère.

Les syndiqués opposés au projet de loi 3 se sont fait entendre dans les rues du Québec hier. Ils ont simultanément manifesté devant les bureaux de 11 élus du gouvernement du Québec.

«Si on se permet de déchirer des contrats de travaux dûment signés, ça veut dire que nos conventions collectives sont ouvertes. Si nos conventions collectives sont ouvertes, on a tous les droits», a lancé Marc Ranger, porte-parole de la Coalition pour la libre négociation, devant les bureaux du premier ministre du Québec, Philippe Couillard.

La FADOQ s'invite dans le débat

La Fédération de l'âge d'or du Québec (FADOQ) ajoute sa voix à celle des opposants au projet de loi sur les régimes de retraite.

La FADOQ estime que, dans sa forme actuelle, le projet de loi mènera des dizaines de milliers de personnes âgées vers le seuil du faible revenu. Dans une entrevue accordée à La Presse, le directeur général Danis Prud'homme déplore que l'indexation soit retirée aux retraités. Selon ses estimations, un retraité touche en moyenne 24 000$ par année, ce qui le mènerait à long terme vers la pauvreté. «Si on leur enlève l'indexation, ces gens-là n'arriveront plus à joindre les deux bouts dans 10 ans», soutient-il.

Il croit qu'environ 140 000 de ses membres subiront les conséquences du projet de loi 3.




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