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Rencontre secrète à Montréal d'un groupuscule juif d'extrême droite

Des  membres de la Ligue de défense juive... (Photo: PC)

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Des  membres de la Ligue de défense juive ont manifesté leur soutien à Israël le 26 juillet dernier à Toronto. La branche canadienne du groupuscule d'extrême droite y est établie, et souhaite mettre sur pied une antenne à Montréal.

Photo: PC

Annabelle Blais
La Presse

La Ligue de défense juive, un groupuscule d'extrême droite, a tenu une première réunion à Montréal hier, à laquelle près de 100 personnes étaient attendues. Le président de la section canadienne, Meir Weinstein, affirmait n'avoir rien à cacher, mais la rencontre est demeurée secrète et interdite aux journalistes.

Impossible de savoir combien de personnes se sont finalement pointées. «La rencontre sert à jeter les bases d'une antenne de la Ligue de défense juive à Montréal. Nous luttons pour que des groupes anti-Israël et des groupes liés au Hamas et au Hezbollah et aux Frères musulmans soient dissous. Le modus operandi est: défendons-nous», a expliqué M. Weinstein en entrevue avec La Presse.

La ligue, établie à Toronto, souhaite mettre sur pied une antenne à Calgary. L'association soutient qu'elle répond à la demande de personnes de la communauté juive du Québec et de l'Alberta qui sont témoins d'une montée de l'antisémitisme.

Considérée comme une «organisation de droite terroriste» par le FBI depuis 2001, la Ligue nie être un mouvement radical. «Il y a des groupes qui ne veulent pas entreprendre d'actions, alors prendre des actions est radicalement opposé à l'inaction, mais nous ne sommes pas radicaux. Je crois au droit de se défendre», a affirmé M. Weinstein.

Un mouvement fondé en Israël

La Ligue a été fondée par le père d'un parti nationaliste d'extrême droite en Israël, le rabbin Meir Kahane. Son parti est aujourd'hui sur la liste des organisations terroristes proscrites au Canada et est interdit dans l'État hébreu depuis les années 90.

Le président de la section canadienne de la Ligue affirme que les actions du groupe respectent les lois. «Je crois à l'autodéfense, comme ce qu'on apprend dans un club d'arts martiaux, je crois à la collaboration avec la police, tout est légal, nous n'avons rien à cacher», a dit M. Weinstein à La Presse.

Pourtant, en 1994, l'Israélien d'origine américaine Baruch Goldstein, membre de la Ligue, a tué 29 Palestiniens et en a blessé 125 autres en ouvrant le feu dans une mosquée en plein ramadan à Hébron, en Cisjordanie.

«Est-ce que c'était l'attaque d'une organisation ou celle d'un individu, un médecin qui a servi autant les Juifs et les Arabes pendant plusieurs années et a vu plusieurs de ses amis tués dans des attaques terroristes et, finalement, a perdu les pédales? C'était l'acte d'un individu», a soulevé M. Weinstein.

La semaine dernière, la France a confirmé qu'elle étudiait la possibilité de dissoudre l'association. «Ça n'a pas de sens, mais devant la montée de l'antisémitisme, j'imagine que c'était prévisible», a-t-il affirmé.

Inquiétudes

Depuis l'annonce de l'arrivée de la Ligue à Montréal, plusieurs membres de la communauté juive locale se sont dissociés de cette organisation, dont le rabbin du Centre consultatif des relations juives israéliennes, Reuben Poupko.

M. Weinstein s'est dit surpris de cette réaction et a affirmé n'avoir reçu aucun appel de rabbins qui tentaient de le dissuader de s'implanter à Montréal.

La Ligue ne cherche pas à se mêler de la politique israélienne, a-t-il aussi ajouté. Lorsqu'on lui demande s'ils croient que les Palestiniens ont droit à un pays, il se lance dans la rhétorique.

«Un pays avec une armée? Pour faire des "deals" avec des pays qui veulent détruire Israël et inviter l'Iran à nous envahir, c'est ce que vous me demandez?»

Puis, il a affirmé que la politique de l'État hébreu n'avait rien à voir avec la raison d'être de l'organisation, qui s'intéresse d'abord à la lutte contre l'antisémitisme. «Nous ne sommes pas un parti politique et nous ne sommes pas affiliés à un parti politique en Israël», a affirmé M. Weinstein.

Malgré les demandes répétées, il a été impossible pour La Presse d'assister à la rencontre tenue dans la métropole. En début de soirée, le président de la section canadienne de la Ligue affirmait pourtant qu'il demanderait l'avis des autres participants et divulguerait possiblement l'endroit du rendez-vous, prévu à 18h hier.

Finalement, en début de soirée, M. Weinstein a arrêté de répondre à ses appels et n'a plus donné de nouvelles.

- Avec Hugo Pilon-Larose




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