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Des rues cyclables souhaitées partout à Montréal

«Il y a un trou au centre-ville. On... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

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«Il y a un trou au centre-ville. On pourrait dire que ce n'est pas si mal s'il y avait des rues tranquilles, mais il n'y en a pas. On se retrouve coincé dans le trafic automobile», observe Suzanne Lareau, PDG de Vélo Québec.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Montréal doit cesser de penser uniquement en termes de pistes cyclables, mais plutôt rendre toutes ses rues cyclables, affirme le responsable des transports de la métropole, Aref Salem. L'élu en arrive à ce constat à la suite d'un suivi des déplacements de 4000 cyclistes depuis un an démontrant que ceux-ci sont loin de se confiner au réseau cyclable.

«On veut sortir de cette limitation des pistes cyclables», confie Aref Salem, en entrevue à La Presse. Alors que Montréal annonçait hier la liste des nouveaux tronçons qui seront aménagés (voir autre texte), le responsable des transports affirme que la Ville doit davantage penser vélo quand vient le temps de refaire ses rues. Toutes ses rues.

«Aujourd'hui, on ne peut plus dire: "Voici une piste cyclable, embarquez dessus." Ça ne marchera pas. Ce qu'on veut, c'est que toutes les rues soient cyclables. Il n'y a pas de piste cyclable devant chaque porte, alors la Ville doit être faite pour que le cycliste soit en sécurité, qu'il y ait une piste ou non», dit Aref Salem.

Les déplacements sous la loupe

Depuis un an, la Ville de Montréal collige les données sur les déplacements de 4000 cyclistes qui ont accepté d'être suivis à la trace grâce à une application sur leur téléphone, Mon RésoVélo. «Ça va être un outil très important pour savoir où est la demande dans le développement du réseau cyclable», résume l'ingénieure Katie Tremblay, chef d'équipe aux transports à la Ville de Montréal.

La métropole n'a pas encore commencé l'analyse fine des résultats, mais déjà un constat s'impose: «Les gens ne se confinent pas aux aménagements cyclables», remarque Suzanne Lareau, de Vélo Québec.

La compilation des données ressemble en effet à s'y méprendre à la carte des rues de Montréal. À en juger par l'épaisseur des tracés - les données disponibles ne permettent pas de déterminer le nombre de déplacements enregistrés -, les déplacements à vélo se concentrent au coeur de l'île. Les cyclistes semblent sillonner les rues de quatre arrondissements, soit Ville-Marie, Plateau-Mont-Royal, Rosemont-La Petite-Patrie et Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension.

Autre constat, la carte «démontre la convergence vers le centre-ville, c'est une évidence», observe Suzanne Lareau. Or ce secteur est un «trou noir» pour les cyclistes, déplore la PDG de Vélo Québec. «Il y a un trou au centre-ville. On pourrait dire que ce n'est pas si mal s'il y avait des rues tranquilles, mais il n'y en a pas. On se retrouve coincé dans le trafic automobile. À l'heure de pointe, c'est très inconfortable, ça en devient enrageant.»

Boulevard Saint-Laurent

Vélo Québec déplore notamment l'absence de tout lien cyclable permettant d'aller du sud vers le nord. À défaut de rallier les pistes plus à l'est, les cyclistes empruntent le boulevard Saint-Laurent. Suzanne Lareau est particulièrement déçue de constater que la Ville ne projette pas pour le moment l'implantation d'une bande sur cette artère.

«Quand on part du centre-ville, il n'y a pas de piste pour aller vers le nord. [Le boulevard] Saint-Laurent est pourtant plein de cyclistes parce que c'est le lien le plus direct, le plus logique, avec une pente pas trop forte, pour remonter vers le nord. Ça m'inquiète parce que c'est un axe qui devrait être prioritaire. Les gens veulent se rendre le plus vite possible du point A au point B, ils ne sont pas en balade», résume Suzanne Lareau

Le cas du centre-ville illustre l'importance d'aller au-delà des pistes cyclables, dit Aref Salem. «Dans un tel secteur, on ne peut pas mettre des pistes cyclables partout, sinon il n'y aura plus de voitures. Il faut penser à partager ce secteur de façon sécuritaire», dit l'élu.

Il ressort des données que d'autres secteurs sont mal desservis, notamment la partie ouest des arrondissements de Rosemont-La Petite-Patrie et de Villeray.

Difficile à interpréter

Pour le moment, les données de Mon RésoVélo sont difficiles à interpréter. «C'est très bien comme application, mais il faut penser à la démarrer... et à l'éteindre. Moi-même, j'ai l'application sur mon téléphone et j'oublie constamment de l'utiliser», dit Suzanne Lareau. Avant de publier la présente carte, la Ville a d'ailleurs dû «nettoyer» les données pour éliminer les déplacements effectués à l'intérieur de bâtiments, signe que plusieurs utilisateurs oublient de fermer l'application une fois arrivés à destination.




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