Nouveau rebondissement dans le dossier de la fuite d'huile et des BPC à Pointe-Claire. Reliance a accepté in extremis de se soumettre aux conditions de Québec. Le ministère de l'Environnement avait émis une ordonnance et était donc prêt à prendre contrôle du site ce matin pour nettoyer les sols contaminés par le déversement de 1200 litres d'huile et se débarrasser des BPC. Les inspecteurs se rendaient même sur le site.

Paul Journet LA PRESSE

> La lettre de Reliance (PDF)

Mais face à cette menace, Reliance a accepté à la toute dernière minute de répondre aux conditions de Québec. «On risque d'avoir la mauvaise réaction de prendre cela pour une mauvaise nouvelle, à cause de la tempête médiatique», a réagi le ministre Yves-François Blanchet ce matin dans une interview exclusive avec La Presse.

Il y voit un élément positif: si Reliance continue de répondre aux conditions du ministère, elle paiera la facture. Les contribuables ne paieront pas les «quelques millions» que devrait coûter le nettoyage.

Mais pour le reste, il reste «méfiant». Il explique que Reliance s'est prévalue de son droit. Il n'a pas le choix de le respecter. Mais il prévient que l'entreprise, qu'il avait qualifiée cette semaine de «bum», est encore sous étroite surveillance.   

Reliance doit déposer d'ici cinq jours son plan pour sécuriser et décontaminer le site. Ce délai est «le plus court imaginable» sans violer les droits de l'entreprise et lui donner des munitions, dit le ministre. À Lac-Mégantic, le délai accordé aux entreprises en cause était plus long, ajoute-t-il.  

Une fois que ce plan sera déposé, il y aura ensuite deux possibilités. La première : le ministère rejette ce plan. Il a le pouvoir de le faire, sans devoir se justifier devant les tribunaux ou donner une dernière chance à Reliance. Ce serait donc le tout dernier délai possible. Québec prendrait alors contrôle du site et ferait le nettoyage, puis saisirait une hypothèque légale sur les actifs de l'entreprise pour essayer de se faire rembourser. Deuxième possibilité : le plan est accepté. «Mais alors, on sera dans leurs bottes durant tous les travaux», assure le ministre Blanchet. Des inspecteurs assureraient un suivi étroit tout  au long de ce processus, assure-t-il. Et ils pourraient reprendre contrôle du site n'importe quand. 

«La suite des choses reste profondément tributaire de comment on va percevoir leur travail», ajoute-t-il. Il répète que le niveau de confiance envers Reliance est «conditionné par le fait (qu'elle) a opéré dans la clandestinité».

Dans son plan, Reliance devra sécuriser le site, installer un système de détection d'intrusion et d'incendie et d'extincteur, en plus de nettoyer les sols et se débarrasser des dangereux BPC.

«Dans l'intervalle, il y a une présence policière et une agence de sécurité», indique M. Blanchet. La facture des policiers sera envoyée à l'entreprise.

Le ministre explique que malgré cette nouvelle, Québec continue d'accumuler des preuves qui pourraient servir dans une possible poursuite pénale.  Cette décision relèvera du Directeur des poursuites criminelles et pénales.