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Avis d'ébullition: «une succession d'incidents imprévisibles et simultanés»

C'est une série «d'incidents imprévisibles et simultanés» survenus dans la nuit du 22 mai à l'usine Atwater qui a mené à l'avis d'ébullition qui a touché 1,3 million de Montréalais.

«Aucune faute professionnelle n'a été répertoriée au cours de l'enquête», a précisé en point de presse à l'hôtel de ville le maire Michael Appleabaum. Il a annoncé la mise sur pied rapidement d'un groupe d'experts-conseils qui analysera toutes les procédures concernant les travaux de réfection de la vieille usine Atwater, sur laquelle on a investi 150 millions depuis quatre ans.

Graphique à l'appui, la directrice du Service de l'eau, Chantal Morissette, a détaillé les défaillances. Essentiellement, l'usine Atwater comporte deux réservoirs d'eau. Les travaux actuellement en cours permettront d'insérer deux nouvelles étapes dans le traitement de l'eau, l'ozonation et les rayons ultraviolets.

Dans la nuit, on a entrepris de baisser le niveau d'eau du réservoir no 2 pour enlever une membrane protectrice. «Par un phénomène hydraulique», qu'on n'a pu expliquer de façon plus précise, le niveau du réservoir 1 a baissé sous le seuil critique.

Les pompes électriques à la fin du processus qui permettent d'envoyer l'eau dans le réseau, tournant à vide, auraient alors dû alors arrêter.

Elles ne l'ont pas fait.

Les particules accumulées dans le fond du réservoir 1 se sont alors mêlées à l'eau, qui est devenue trouble, déclenchant les premiers avis d'ébullition.

«Nous savons qu'il n'y a pas eu de bris d'équipement ou de conduites, a déclaré Robert Lamontagne, directeur général de la Ville. C'est une série d'événements qui, pris de manière séparée, n'auraient eu aucune conséquence critique.»

Surveillance en tout temps

Le maire Applebaum a relevé qu'il s'agissait d'une «première fois en 100 ans, et ce doit être la dernière». Il a promis de «bonifier la communication» avec la population, qui a suscité de nombreuses critiques il y a deux semaines.

Questionné par les journalistes, le maire n'a pu chiffrer les coûts de cette crise qui aura duré quelque 40 heures. Le groupe d'experts aura la tâche permanente d'analyser les façons de faire, afin de s'assurer que les prochaines opérations similaires à l'usine Atwater ne provoquent plus d'incidents. Même si les opérations sont théoriquement sous surveillance en tout temps, le maire affirme avoir eu «l'assurance du Service de l'eau que le monitorage serait augmenté la nuit et les week-ends.»

Les employés suivront également des formations plus poussées pour se familiariser avec les nouveaux processus qu'on veut implanter dans le cadre de cette «mise aux normes» de l'usine.

En tout temps durant cette crise, a-t-il tenu à préciser, «la qualité de l'eau était OK. L'avis était préventif, et c'était la bonne décision de prendre. Les Montréalais peuvent à nouveau être rassurés par la qualité de leur eau.»

L'usine Atwater en bref

Construite en 1911, inaugurée en 1918, a fait l'objet de sept agrandissements majeurs

Production moyenne: 600 000 à 700 000 mètres cubes d'eau par jour

Deuxième capacité de production en Amérique du Nord

Deux réservoirs contenant au total 250 000 mètres cubes

Alimente essentiellement deux réservoirs au pied du mont Royal: MacTavish (430 000 personnes) et Vincent-D'Indy (750 000 personnes)

Cliquer pour consulter le graphique de la production de l'eau potable à l'usine Atwater »»




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