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Montréal pourrait avoir sa propre usine d'asphalte

Demandé par Louise Harel depuis deux mois, le... (Photo Olivier Jean, Archives La Presse)

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Demandé par Louise Harel depuis deux mois, le projet d'usine d'asphalte gérée par la Ville de Montréal pourrait être sur les rails dès mardi prochain.

Photo Olivier Jean, Archives La Presse

Demandé par Louise Harel depuis deux mois, le projet d'usine d'asphalte gérée par la Ville de Montréal pourrait être sur les rails dès mardi prochain.

Cette usine municipale, dont le but avoué est de «casser le cartel de l'asphalte», a expliqué en point de presse Mme Harel ce matin, fera en effet l'objet d'un vote au conseil municipal. La motion de Vision Montréal demande à la Ville de superviser une étude sur la faisabilité du projet.

Or, pour la première fois, le comité exécutif, l'équivalent du conseil des ministres, a décidé d'appuyer cette demande. La chef de Vision Montréal est confiante en sa capacité de réunir une majorité des 62 élus du conseil autour de sa motion.

«Plusieurs millions» détournés

«Le témoignage de Gilles Théberge devant la commission Charbonneau l'a démontré, il existe un cartel de l'asphalte à Montréal depuis 2000, a expliqué Mme Harel lors d'un point de presse dans les locaux de l'École de technologie supérieure, rue Notre-Dame. Ce marché a fait la pluie et le beau temps pendant une décennie. Cette usine, qu'elle soit classique ou mobile, va permettre de reprendre le contrôle du marché et des prix.»

Le coût de la collusion dans ce domaine a coûté «plusieurs millions aux Montréalais», a renchéri le maire du Sud-Ouest, Benoit Dorais. Son arrondissement compte d'ailleurs aller de l'avant avec son usine mobile, Permaroute, fournie par l'entreprise granbyenne Solution GRB. Le mois dernier, La Presse rapportait que ce projet pilote avait donné lieu à du sabotage à grande échelle, alors que la moitié de la centaine de nids-de-poule colmatés se sont désagrégés. On a vraisemblablement fait couler de l'essence sur l'enrobé bitumineux, notamment fabriqué à partir de bardeaux d'asphalte recyclés, conçu par l'ÉTS et qui a fait ses preuves dans d'autres villes québécoises.

Cet épisode démontre que le cartel de l'asphalte est toujours bien actif à Montréal, soutiennent Mme Harel et M. Dorais. «C'est extrêmement préoccupant, convient ce dernier. De l'asphalte qui tient toute une année à Cowansville mais qui ne tient pas 24 h sur la rue Notre-Dame... Ça ne peut pas se dégrader 365 plus vite.»

Introduire la R&D

On ignore quelles seraient les économies engendrées ou le coût d'implantation d'une usine municipale à Montréal. L'étude de faisabilité permettra justement de répondre à ces questions, dit Mme Harel. Elle souhaite en outre impliquer les «unités de recherche montréalaises», au premier chef l'ÉTS, dans la conception et l'utilisation de nouvelles technologies plus efficaces.

«Le pavage déficient est un des irritants majeurs à Montréal, démontré par tous les sondages, dit la chef de Vision Montréal. Avec les millions qui sont investis dans les infrastructures, il faut introduire de la recherche et développement et de l'innovation dans ce domaine.»




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