Même si elle suscite un intérêt certain, la possibilité de combiner élections et référendums au prochain scrutin municipal, le 3 novembre, est irréaliste.

Publié le 20 févr. 2013
Karim Benessaieh LA PRESSE

Proposée par le conseiller indépendant Marvin Rotrand, l'idée se heurte à des obstacles apparemment insurmontables en moins de neuf mois, estime le président d'élection et greffier de la Ville, Yves Saindon.

Au premier chef : le fait que la liste électorale des élections n'est pas la même que celle des référendums.

Me Saindon était invité ce matin par le comité exécutif à présenter des mesures pour encourager la participation électorale. La conseillère Josée Duplessis en a profité pour s'informer de la pertinence de ce projet d'élections référendaires, qui fera l'objet d'un vote au conseil municipal la semaine prochaine.

«Quand j'ai vu ça, j'étais ouverte à l'idée, mais il me semble qu'il est tard, tant pour le délai que pour décider qui pourrait rédiger la question», a précisé Mme Duplessis.

Effectivement, cette nouveauté demande d'abord «une certaine réflexion sur la complexité que ça entraîne», a reconnu Me Saindon. Il faut d'abord amender la Charte montréalaise des droits et responsabilités, qui offre depuis 2009 un «droit d'initiative» permettant aux citoyens de demander une consultation publique.

La combinaison des deux exercices demandera vraisemblablement une augmentation du personnel, précise le président d'élection.

Mais «la plus grande difficulté», c'est que les critères pour avoir le droit d'élire les conseillers et maires de Montréal ne sont pas les mêmes que pour participer à un référendum. Dans le premier cas, les résidants et propriétaires immobiliers de Montréal peuvent voter. Pour un référendum, il faut y ajouter les personnes morales, notamment les entreprises qui ont un établissement d'affaires dans la métropole.

«Ça fait deux listes électorales différentes à tenir pour un scrutin qui serait double», signale Me Saindon, qui estime que l'exercice serait possible «à l'horizon 2017».