Moins d'un mois après avoir été vendu à un promoteur qui devait en conserver la partie centrale, le célèbre centre Préfontaine sera rasé. L'arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, qui se base sur deux rapports d'ingénieurs qui ont conclu que l'édifice patrimonial était dangereux, a donné un ordre de démolition, hier midi.

Publié le 12 févr. 2013
Karim Benessaieh LA PRESSE

Le promoteur, Rachel Julien, devrait commencer ce matin à démolir l'ancien hôpital pour varioleux, construit en 1886 et acquis le 17 janvier dernier pour 2,6 millions. Le contrat de vente précisait que le promoteur devait «préserver et recycler le corps central existant du centre Raymond-Préfontaine».

À l'arrondissement, on estime que cette condition était impossible à respecter. «Il devait mettre la charpente en valeur, mais ce sont des circonstances indépendantes de notre volonté, explique Marie-Claude Perreault, chargée de communication. Il va falloir reconstruire la structure, mais le projet antérieur demeure. C'est une "réinterprétation" du centre Préfontaine.»

Même promesse du côté du promoteur, qui assure avoir été de bonne foi dans ce projet. «C'était le premier hôpital communautaire de Montréal, tout ce projet-là était axé autour de lui, explique Denis Robitaille, président de Rachel Julien. Ça nous fait de la peine, mais on va trouver une façon de souligner son histoire. On va même envisager de le reconstruire tel qu'il était.»

C'est lors des travaux de désamiantage de l'édifice, entamés il y a un mois, qu'on a constaté le piètre état de la structure, explique le président. «On a commencé à avoir peur pour la sécurité de nos hommes. Un rapport incisif de notre ingénieur a confirmé nos craintes. Une deuxième analyse indépendante demandée par l'arrondissement est allée dans le même sens. On a dû se rendre à l'évidence.»

Le président, qui cite une longue liste de bâtiments d'intérêt patrimonial que son entreprise a préservés, estime que le centre Préfontaine «était au-delà de ce que l'entreprise a pu faire jusqu'à maintenant».

Cette anicroche ne retardera pas la réalisation du projet immobilier de 63 millions, qui prévoit l'érection d'un complexe de 253 appartements en copropriété d'ici le printemps 2014.

Le centre Préfontaine a connu son heure de gloire en 2001, lorsque l'ancien maire Pierre Bourque avait autorisé des squatteurs à l'occuper. Quelques semaines avant les élections municipales, la police les avait évincés pour des raisons de sécurité. En 2003, une évaluation patrimoniale commandée par la Ville avait établi qu'il avait «une très grande valeur historique». Toutefois, les qualités architecturales «de cet édifice maintes fois réparé ou réaménagé sont faibles», avait-on conclu.