Les crimes conjugaux et intrafamiliaux sont bien présents sur le territoire montréalais. Chaque année, 5800 personnes sont victimes de violence conjugale, dont une grande majorité de femmes. Afin de mieux encadrer ses interventions, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a publié aujourd'hui sa nouvelle stratégie 2013-2017, qui vise à mieux adapter ses pratiques à de nouvelles réalités socioculturelles.

Mis à jour le 20 nov. 2012
Hugo Pilon-Larose LA PRESSE

«L'objectif ultime de ce plan est de nous donner les moyens de réduire cette violence et ses récidives, ainsi que d'apporter l'aide nécessaire aux familles [...]», a écrit le directeur du SPVM, Marc Parent, dans un communiqué.

«Chacune de nos interventions fait une différence dans la vie des personnes affectées par cette violence et je suis convaincu qu'avec les formations dispensées auprès de nos policiers et enquêteurs et les nouveaux outils mis en place, comme la grille d'évaluation du risque d'homicide conjugal, plus nous aurons contribué au mieux-être et à la revalorisation des victimes», dit-il.

Le plan quinquennal présente une stratégie sur quatre axes. Le SPVM veut d'abord miser sur des interventions concertées, en augmentant sa présence lors de formations préventives en milieu scolaire et dans les centres de francisation pour les nouveaux immigrants.

Les actions du SPVM devront aussi s'adapter aux nouvelles réalités montréalaises. Femmes immigrantes, enfants exposés à la violence conjugale et familiale, et conjoints de même sexe sont ciblés dans le nouveau plan comme étant trois groupes auxquels les policiers devront s'adapter.

À la suite du procès Shafia, les crimes d'honneur sont aussi à l'ordre du jour. En janvier dernier, Mohammad Shafia, sa femme Tooba Yahya et leur fils Hamed ont été déclarés coupables de meurtre prémédité de Zainab, 19 ans, Sahar, 17 ans, Geeti, 13 ans, et Rona, 53 ans, trouvées noyées dans une Nissan Sentra au fond de l'écluse de Kingston Mills, le matin du 30 juin 2009.

Le SPVM fait appel à l'organisme Bouclier d'Athéna, qui détient une expertise sur le sujet des crimes d'honneur, pour prévenir ce type de crime.

Un colloque sera organisé au cours de la prochaine année afin de revoir les pratiques policières gagnantes dans les interventions de violence conjugale. En partenariat avec le ministère de la Sécurité publique, le SPVM veut augmenter sa présence sur les réseaux sociaux, tel Facebook, afin de sensibiliser les victimes de violence conjugale aux ressources disponibles.

Dans cette nouvelle démarche, le SPVM a reçu l'appui de la Fédération de ressources d'hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec. La directrice de l'organisme, Manon Monastesse, a souligné que d'arrimer l'ensemble des services offerts aux victimes de violence conjugale était une priorité.

«Quand les femmes se rendent au poste de police, elles n'en sont pas à leur premier épisode de violence conjugale. Les policiers ne sont pas des intervenants sociaux, mais ils deviennent la première ligne de contact avec les victimes, d'où l'importance d'offrir plus de formations et de soutien», a indiqué Mme Monastesse.