Avec des hausses d'impôt foncier de 16,8% en quatre ans, l'administration Tremblay démontre qu'elle est «en totale perte de contrôle», estime la chef de l'opposition, Louise Harel.

Karim Benessaieh LA PRESSE

En point de presse, elle a dénoncé d'avance le budget qui sera déposé demain et qui prévoit une hausse de 3,4% du fardeau fiscal en 2013, la quatrième depuis la réélection du maire Tremblay, en 2009. Elle y voit le résultat de 10 années de laisser-aller de l'administration, qui aurait engendré un gonflement des coûts des contrats de plus de 30%.

«À la lumière des témoignages entendus à la commission Charbonneau, il y a une conclusion : les contribuables ont fait les frais de pratiques immorales et illégales depuis des années, a déclaré Mme Harel. Dans ce contexte, l'augmentation de 3,4% est inacceptable.»

Retraites des élus

Elle suggère à l'administration de réduire les généreuses primes accordées aux cadres. «La fonction publique de Montréal coûte plus cher que dans toute autre ville québécoise», note-t-elle. En ce qui concerne les régimes de retraite, dont le déficit actuariel atteint les 2,6 milliards et qui coûteront plus d'un demi-milliard l'an prochain, elle propose une mesure symbolique: la modification du régime de retraite des élus.

Actuellement, la contribution des élus est de l'ordre de 25% des coûts du régime. «Il faudrait la faire passer à 50% en réclamant une modification à Québec, dit Mme Harel. On réclame l'ouverture d'esprit des employés, mais nous pensons que les élus doivent donner l'exemple», estime la chef de Vision Montréal.

Pour juguler la hausse des dépenses, qui ont gonflé de plus de 14% en trois ans, Vision Montréal propose en outre de miser sur les économies d'échelle, notamment dans la gestion des immeubles et du matériel roulant.

Retrait complet exigé

Elle a par ailleurs qualifié d'«immoral» et d'«indécent» le comportement de l'ex-président du comité exécutif, Frank Zampino, qui aurait reçu des centaines de milliers de dollars en argent et en cadeaux de l'entrepreneur Paolo Catania, selon un témoin entendu par la commission Charbonneau.

Quant à Bertrand Ward, un pilier d'Union Montréal qui a annoncé en fin de semaine qu'il allait siéger comme indépendant après avoir été accusé d'avoir donné 5000$ comptant à un organisateur politique, le conseiller François Robillard a noté qu'il était toujours vice-président de la commission des finances.

«S'est-il retiré pour faire semblant? Il y a là-dedans un aspect frauduleux qui le rendrait inéligible à siéger.»

Du côté de Projet Montréal, on a rappelé que le chef Richard Bergeron s'était déjà prononcé contre la hausse de 3,4% du fardeau fiscal, qu'il juge «inadmissible».