Le propriétaire d'un immeuble insalubre du quartier Parc-Extension, à Montréal, conteste les centaines d'amendes auxquelles il a été condamné. Claudio Di Giambattista doit plus de 110 000$, qu'il refuse de payer. Mais la mairesse de l'arrondissement, Anie Samson, prévient que son administration est prête à recourir à la saisie pour obtenir paiement.

Mis à jour le 18 sept. 2012
Pierre-André Normandin LA PRESSE

Au mois de mai, l'arrondissement a évacué d'urgence l'immeuble de la rue Ball, dont plusieurs logements étaient envahis par les champignons et la moisissure, ce qui exposait les locataires à un important risque de contracter des maladies respiratoires.

Au début de l'été, l'arrondissement de Villeray-Parc-Extension-Saint-Michel a placardé l'immeuble après avoir constaté que M. Di Giambattista continuait à s'y rendre. On craignait qu'il ne loue de nouveau ses logements sans avoir fait les nombreux travaux qui s'imposent. «Ce propriétaire loue à des gens dans le besoin, des gens qui ne se plaignent pas, et il en profite pour faire de l'argent sur leur dos. C'est rare qu'on se rende à des extrêmes comme ça», souligne Anie Samson.

La cour municipale doit entendre les arguments de Claudio Di Giambattista le 22 octobre. Ce dossier est loin d'être clos puisque le propriétaire conteste également une décision rendue en août par la Régie du logement, qui le condamne à verser près de 35 000$ à ses anciens locataires qui se sont subitement retrouvés sans toit.

En avril, Di Giambattista avait accepté de faire visiter son immeuble de la rue Ball à La Presse. Interrogé sur les moisissures qui infestaient les murs, le propriétaire avait rétorqué: «Quels champignons? Tu dois juste peinturer.»