Ramener à Montréal les Jeux olympiques et, tant qu'à y être, une équipe de baseball professionnelle? L'avocat Guy Bertrand en rêve. Pour ce faire, il voudrait faire construire, à Montréal, une Cité des sports qui pourrait en outre relancer la pratique sportive chez les jeunes.

Mis à jour le 18 sept. 2012
Pierre-André Normandin LA PRESSE

L'avocat de Québec tentait depuis 2008 de mettre en oeuvre un projet entièrement privé d'amphithéâtre et de complexe hôtelier dans la région de la capitale. Pris de vitesse par le maire Régis Labeaume et son nouveau Colisée de 400 millions, Me Bertrand se tourne maintenant vers Montréal.

Son entreprise, Consortium GB, vient de s'inscrire au registre des lobbyistes pour la construction d'une «Cité des sports» dans la métropole. Ce projet prévoit la construction d'un stade avec toit amovible pour accueillir des événements tant sportifs que culturels, un anneau de glace, un complexe hôtelier et des espaces commerciaux. Tout comme son projet de Québec, celui-ci serait «entièrement privé».

Me Guy Bertrand ne nous a pas rappelés hier, mais son inscription comme lobbyiste en dit long. On y précise que «tous les sports d'hiver de même que les sports d'été ont été considérés dans le projet visant l'érection des infrastructures de La Cité des sports afin de favoriser le développement optimum des disciplines olympiques». L'objectif est «de permettre à la ville de Montréal de poser éventuellement sa candidature aux Jeux olympiques d'hiver comme aux Jeux olympiques d'été», peut-on lire.

Dans un deuxième temps, «Consortium GB entend aussi prendre toutes les mesures nécessaires pour que Montréal obtienne une franchise de la Ligue nationale ou de la Ligue américaine de baseball». Me Bertrand et ses partenaires disent vouloir obtenir le «soutien moral» du gouvernement pour l'obtention de cette franchise.

L'objectif de ce projet n'est pas que sportif, selon la présentation du projet. On souhaite «assurer le maintien et la valorisation du Québec français. N'oublions jamais que le sport est l'une des pierres angulaires de notre édifice culturel et qu'il fait partie du mode de vie et des traditions québécoises».

L'emplacement prévu de la Cité des sports n'est pas précisé, mais le document consulté par La Presse permet de comprendre qu'il se trouverait près de Longueuil. En effet, on y écrit que des travaux de décontamination des sols et un aménagement de la desserte de transports en commun seront nécessaires, d'où la nécessité de discuter du projet avec les administrations des maires Gérald Tremblay et Caroline St-Hilaire.

«Des projets de nouveaux stades, on nous en présente régulièrement depuis des années pour accueillir une équipe de baseball professionnelle ou semi-pro. C'est un dossier qu'on suit de très près», assure Martine Painchaud, attachée de presse du maire Tremblay. Celle-ci précise que tous les projets présentés jusqu'à présent ont été minés par des problèmes de financement et par la difficulté à trouver un bon emplacement. À Longueuil, le cabinet de la mairesse disait tout ignorer du projet.

Partenaire expérimenté

Guy Bertrand n'est pas seul dans ce projet. Quatre autres personnes sont inscrites au registre des lobbyistes pour en faire la promotion auprès du gouvernement. Deux d'entre eux, Patrick Bergé et Normand-Pierre Bilodeau, sont des dirigeants de Scéno Plus. Cette entreprise de Montréal se spécialise dans la construction de salles de spectacles et théâtres. Celle-ci a notamment conçu un complexe hôtelier de 2,4 milliards inauguré en avril à Atlantic City, le Revel.

Scéno Plus a également travaillé sur les deux salles exploitées par le Cirque du Soleil à Las Vegas, ainsi que sur la construction du Colosseum, la salle de spectacle de 4000 sièges du Caesars Palace à Las Vegas aménagée en 2003 pour Céline Dion.

Pour son premier projet d'amphithéâtre privé à Québec, Me Guy Bertrand a toujours refusé de dévoiler l'identité des investisseurs prêts à financer ses projets. En plus du complexe sportif et hôtelier, l'avocat disait vouloir ramener à Québec une franchise de la Ligue nationale de hockey. Ne limitant pas ses ambitions, il évoquait également l'idée d'attirer une équipe de la Ligue canadienne de football et une autre de la Major League Soccer. N'ayant pas réussi à convaincre le maire Régis Labeaume, Consortium GB avait également sollicité la ville voisine de Saint-Augustin pour ériger son complexe.