Assurant que «le 450 et le 514 parlent maintenant d'une seule voix» en matière de transports collectifs, le maire de Montréal a descendu en flammes certaines propositions de la Coalition avenir Québec, qu'il qualifie d'«électoralistes».

Publié le 13 août 2012
Karim Benessaieh LA PRESSE

Même s'il s'est défendu en point de presse de viser expressément le parti de François Legault, le maire Tremblay a longuement dénoncé la promesse de faire passer le train de banlieue avant le prolongement du métro dans l'est de la métropole.

Il a du même souffle rejeté la proposition de diminuer le nombre d'élus à Montréal, également avancée par la CAQ en fin de semaine, au motif que la métropole «a besoin de stabilité».

«Je ne voudrais pas que les partis politiques, pour des considérations électoralistes, commencent à diviser le travail que nous avons fait depuis les 11 dernières années. Il n'y a pas de discussion à y avoir entre l'importance des trains de banlieue et celle de prolonger le métro de Montréal. Ce n'est pas une question de projets, ils ont été identifiés, il y en a pour 23 milliards.»

Les 82 municipalités de la Communauté métropolitaine de Montréal sont «unanimes» et réclament surtout les leviers financiers pour réaliser ces projets.

«La question fondamentale, c'est: êtes-vous d'accord pour une taxe d'accises sur l'essence? Une taxe sur l'immatriculation? Un péage régional? Donnez-nous la responsabilité de réaliser nos ambitions.»

Leadership ou vision?

Quant à l'éternel débat sur le nombre d'élus municipaux, que la CAQ propose de faire passer de 103 à 65 en abolissant les conseillers d'arrondissement, le maire juge que «c'est un faux débat» qui va «déstabiliser Montréal». Il a cité l'exemple des arrondissements d'Outremont et de L'Île-Bizard-Sainte-Geneviève, qui se retrouveraient avec un seul élu au conseil municipal. «Vous voulez parler à votre élu, pas à un attaché politique. Ça fait 11 ans que Montréal est un laboratoire d'expériences pour les gouvernements.»

Il a également répliqué à l'accusation de «manque de leadership» lancée par François Legault, préférant parler de «vision». «C'est facile de parler de leadership, mais quelle est la vision? Ce qui prime sur le leadership, c'est la vision, et on en a une, sur le développement de Montréal.»

Le maire a en outre demandé aux partis provinciaux de s'engager à bonifier le fonds de 175 millions pour le développement économique, consenti par le gouvernement Charest. Il souhaite que Québec s'engage en outre à verser une part des 3 milliards en 10 ans nécessaires pour la réfection des infrastructures ainsi qu'à participer au financement de la phase 2 du Quartier des spectacles. Enfin, il demande une aide financière pour décontaminer les sols des anciens sites industriels de l'est de l'île et désenclaver le secteur en prolongeant le boulevard L'Assomption.

Demandes «minées»

Anie Samson, porte-parole du parti de l'opposition officielle Vision Montréal, s'est dit «tout à fait d'accord» avec la proposition de la CAQ de diminuer le nombre d'élus et de centraliser les pouvoirs. «C'est courageux. Montréal ne fonctionne pas. On veut que Montréal ait une vision globale et que les arrondissements aient une saveur locale.»

Elle croit cependant que les demandes du maire Tremblay sont «minées» par les allégations de corruption autour de son administration. «Il n'a pas la crédibilité pour faire ses demandes. Le gouvernement va dire : "OK, on va vous donner l'argent, mais vous aller faire quoi avec?" Ça mine la crédibilité de Montréal, c'est dommage.»