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Un ancien maire d'Outremont montré du doigt par un entrepreneur

Jérôme Unterberg, en 2000, à une manifestation contre... (Archives La Preses)

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Jérôme Unterberg, en 2000, à une manifestation contre les fusions municipales.

Archives La Preses

L'actuel sous-ministre responsable des règles d'éthique dans les municipalités, Jérôme Unterberg, aurait bénéficié de l'argent de l'industrie de la construction pour devenir maire d'Outremont en 1995, affirme l'entrepreneur Paul Sauvé dans son livre L'industrie de la corruption.

Il y a un an, le gouvernement de Jean Charest a annoncé la nomination de l'ancien maire d'Outremont comme sous-ministre au ministère des Affaires municipales (MAMROT). Depuis, Jérôme Unterberg chapeaute quatre directions, dont celle responsable de créer les règles d'éthique s'appliquant dans les municipalités. Jusqu'à tout récemment, il était également responsable de la métropole. Avant d'être nommé sous-ministre, Jérôme Unterberg a aussi siégé au Groupe-conseil sur l'octroi des contrats municipaux qui a produit le rapport Coulombe, présenté en mars 2010, pour améliorer la concurrence dans les appels d'offres municipaux.

Dans son livre paraissant aujourd'hui, Paul Sauvé affirme avoir aidé Jérôme Unterberg à accéder à la mairie d'Outremont en 1995 en récoltant des dons auprès de firmes de génie-conseil et au moins une en comptabilité, toutes des entreprises obtenant fréquemment des contrats des villes. «Il avait besoin de moi pour trouver des capitaux et se bâtir un réseau politique», écrit-il notamment au sujet de ses années dans «les coulisses de la politique municipale avec Jérôme Unterberg».

«Ça faisait partie des rites du temps et c'est ce qu'on est en train de décrier, cette relation incestueuse entre dirigeants et entreprises, une main qui donne à l'autre, les renvois d'ascenseur», a-t-il confié en entrevue à La Presse.

L'entrepreneur qui a fondé sa société, LM Sauvé, au début des années 90, explique qu'il s'est alors «affilié» à SNC-Lavalin dans l'espoir que son entreprise soit acquise. La firme de génie, qui lorgnait le projet de transformation de la gare de triage d'Outremont, lui aurait demandé de se rapprocher d'un jeune conseiller municipal de la Ville que certains voyaient comme une étoile montante capable de déloger l'ancien maire, Jean Pomminville.

«Il n'avait pas d'argent, alors je l'ai présenté à un réseau d'entreprises de génie, de construction et des firmes comptables pour recueillir des sous», indique Paul Sauvé. Outre SNC-Lavalin, l'entrepreneur dit avoir collecté des fonds de Dessau et de la firme comptable KPMG, a-t-il précisé lors d'une entrevue à La Presse.

Fait à souligner, Jérôme Unterberg a travaillé chez KPMG de 1993 à 2002 comme vérificateur, indique son curriculum vitae publié sur le site internet du premier ministre. L'Outremontais a été conseiller pour Outremont de 1987 à 1995, puis maire de 1995 à 2001.

Dessau a refusé de commenter les dires de Paul Sauvé, indiquant que ses allégations remontaient à trop longtemps pour qu'il soit possible de mener des vérifications et que financer les campagnes électorales n'est pas une pratique de l'entreprise. Les deux autres entreprises nommées par l'entrepreneur n'ont pas rappelé La Presse.

Paul Sauvé reconnaît s'être rapproché du maire dans l'espoir d'améliorer ses chances de décrocher un contrat. «Je faisais ça par opportunisme dans l'espoir de décrocher le contrat du chantier du théâtre d'Outremont et je l'ai décroché», a dit Paul Sauvé. L'aventure a toutefois tourné court quand l'explosion des coûts a poussé le maire Unterberg à lui retirer le mandat en 1998.

En entrevue, Paul Sauvé a dit ignorer que Jérôme Unterberg avait été nommé sous-ministre responsable de l'éthique municipale au MAMROT, affirmant l'avoir perdu de vue depuis sa mésaventure du théâtre d'Outremont.

Jérôme Unterberg n'a pas rappelé La Presse et son ministère a refusé de commenter les informations. Le Secrétariat aux emplois supérieurs, responsable de conseiller le gouvernement dans les nominations de sous-ministres, a indiqué ne pas avoir eu vent des allégations de l'entrepreneur Paul Sauvé. «On va prendre connaissance de ses écrits et sûrement rencontrer M. Unterberg pour voir de quoi il en retourne», a indiqué Marie Claire Ouellet, porte-parole du ministère du Conseil exécutif, dont relève le Secrétariat.




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