La venue de U2 à Montréal, les 8 et 9 juillet dernier a coûté environ 370 000 $ à la Société de transports de Montréal (STM), révèle une estimation des coûts obtenue à la suite d'une demande d'accès à l'information.

Tristan Péloquin LA PRESSE

La STM avait déployé 200 autobus supplémentaires pour l'événement, en plus d'ajouter des rames de métro et d'augmenter le service partout sur son réseau pour accommoder les organisateurs du spectacle. Le groupe Evenko avait convaincu U2 de s'installer à l'ancien hippodrome de Montréal, un endroit difficile d'accès autrement qu'en transport en commun pour une foule de 80 000 personnes.

Pour les deux soirées de spectacles, les coûts supplémentaires d'exploitation du réseau d'autobus, incluant les salaires des chauffeurs, chefs d'opérations, mécaniciens et autres employés, se sont élevés à 362 020 $. Il faut ajouter à ce montant une somme de 343 277 $ pour l'exploitation du métro, et 25 054$ pour les frais de contrôle et de sécurité. La STM estime par ailleurs qu'il lui en a coûté 21 000 $ pour communiquer avec sa clientèle les informations pertinentes à la venue de la troupe de Bono.

Au grand total, les deux soirées ont engendré des frais de 818 751 $.

En contrepartie, la société de transport montréalaise a tiré des revenus de 447 934 $ lors des deux événements. Le coût réel atteint donc environ 370 000 $.

200 000 $ de visibilité

La STM estime toutefois que la visibilité qu'elle a obtenue en s'associant au spectacle vaut 200 000 $. Pour le vice-président de la STM, Marvin Rotrand, le jeu en vaut la chandelle. «Nous estimons le coût réel à 100 000 $ (en tenant compte de la valeur de la visibilité), dit-il. «Quand on calcule les coûts, il faut tenir compte des retombées économiques qui proviennent des taxes générées par le spectacle, mais aussi d'éléments incalculables, comme la bonne réputation que rapporte à Montréal le fait de recevoir un événement d'une telle envergure», insiste-t-il.

Selon lui, les grands événements, même s'ils forcent parfois la STM à déployer des ressources supplémentaires, aident aussi à attirer une nouvelle clientèle. «Ces événements font rouler l'économie montréalaise. Ce ne serait pas logique pour la STM de dire: «Non, ça nous coûte de l'argent», d'autant plus que le service que nous offrons pour ces occasions sert aux résidents de toute l'agglomération du Grand-Montréal. Nous devons faire partie de la solution», ajoute M. Rotrand, qui est également conseiller municipal dans le district de Snowdon, où le se trouve l'ancien hippodrome.