La résidence de l'avocat Thomas Kiriazis a été la cible d'un attentat aux cocktails Molotov dans la nuit de lundi à mardi. Cette agression fait suite à une série de menaces qu'a reçues l'avocat au cours des dernières semaines, a appris La Presse.  

À 4h56 mardi matin, au lendemain de l'Action de grâce, deux bouteilles de bière remplies d'essence ont fracassé la fenêtre de la salle de séjour à l'avant de la maison, rue Villeneuve, à Outremont. Elles ne se sont toutefois pas enflammées. On a également crevé un pneu de l'automobile de la conjointe de M. Kiriazis.

Thomas Kiriasis fait principalement du litige d'affaires et n'a jamais été criminaliste. L'homme de 47 ans est l'un des deux associés du cabinet Angelopoulos Kiriazis, de Laval. Son partenaire, Basile Angelopoulos, est aussi vice-président du comité exécutif de la Ville de Laval, bras droit du maire Gilles Vaillancourt.

Joint par La Presse, mercredi matin, M. Kiriazis était toujours sous le choc. Sa femme et ses trois enfants de 4 à 12 ans étaient présents au moment du drame. «En entendant le bruit de vitre cassée, on pensait que quelqu'un entrait dans la maison pour nous tuer. Les enfants pleuraient. On a finalement senti l'odeur d'essence et appelé les secours. Les policiers croient qu'il s'agit d'un avertissement», a raconté M. Kiriazis.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a confirmé que la résidence de la rue Villeneuve, près de Nelson, a reçu un cocktail Molotov.

Menaces

Le vendredi 30 septembre, M. Kiriazis s'était présenté au bureau de La Presse pour raconter les menaces dont il fait l'objet depuis quelque temps. La veille, vers 18h30, trois individus avaient sonné à sa résidence, lui demandant d'aller à l'extérieur pour discuter. Il avait refusé et appelé la police.

Malgré les caméras de surveillance, Thomas Kiriazis dit avoir été incapable d'identifier les trois visiteurs, car ils cachaient leur visage avec un capuchon. À l'arrivée des policiers, les individus avaient quitté les lieux. Les policiers n'ont retenu aucune plainte puisque aucune agression n'a été constatée.

Lundi dernier, veille de l'attentat aux cocktails Molotov, soir de l'Action de grâce, un homme s'est présenté à son domicile, prétendant vouloir y rencontrer une fille, inconnue de l'avocat.

Thomas Kiriazis croit que ces menaces sont vraisemblablement liées au litige d'affaires d'un de ses clients. Mercredi, l'animateur Claude Poirier a affirmé en ondes, sans nommer Me Kiriazis, que l'avocat victime de l'attentat avait parmi ses clients des membres de la mafia italienne. «C'est complètement faux. Je n'ai jamais représenté des membres de la mafia. Qu'ils me fassent passer au détecteur de mensonges, je n'ai rien à cacher», nous a dit M. Kiriazis, a volontiers répondu à nos questions.

En 2007, La Presse a écrit que le cabinet Angelopoulos Kiriazis avait parmi ses clients la société Financement Malts. Cette firme était considérée par la GRC comme l'outil financier de la mafia italienne, selon des documents déposés en cour. Angelopoulos Kiriazis avait fait l'objet d'une perquisition de la GRC au sujet de Malts.

Selon les documents de la GRC, Malts a notamment servi à ficeler une transaction permettant à des membres du clan Rizzuto de mettre la main sur les immeubles d'un financier, en 2005. Le financier a fini par se suicider sous la pression de la mafia. L'un des immeubles est devenu la propriété de Domenic Arcuri, cet homme d'affaires cité dans les médias la semaine dernière lorsque la mairesse de Rivière-des-Prairies a dénoncé l'attribution de contrats à des proches de la mafia.

«Je n'ai pas été impliqué dans le choix de ce client [Malts], explique aujourd'hui M. Kiriazis. C'était le client de mon associé. Après la publication de vos articles à l'époque, notre cabinet s'est totalement dissocié de ce client vu sa qualité douteuse.»