Dès le 1er juillet, les automobilistes montréalais devront payer une nouvelle taxe annuelle de 45$. La Ville de Montréal et Québec se sont finalement entendus sur les modalités de perception de cette taxe, qui vise à subventionner les transports en commun.

Gabriel Béland LA PRESSE

Les propriétaires de véhicule qui habitent la métropole devront payer cette taxe chaque année lorsqu'ils renouvelleront leurs droits d'immatriculation. Un automobiliste qui payait 250$ par année, par exemple, devra maintenant débourser 295$.

Montréal espère dégager des revenus bruts de 32 millions annuellement pour financer son réseau d'autobus et de métro.

La Ville de Montréal a obtenu le droit de taxer la possession d'un véhicule grâce à la Loi modifiant diverses dispositions législatives concernant Montréal, adoptée en juin 2008. Elle peut le faire par le truchement de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), qui délivre les plaques d'immatriculation sur la base de l'adresse de résidence des automobilistes.

Négociations ardues

Le maire Gérald Tremblay avait annoncé en novembre dernier son intention de percevoir cette nouvelle taxe. La Ville devait toutefois peaufiner une entente avec la SAAQ. Elles se sont entendues après des mois de négociations. L'agence gouvernementale percevra des frais administratifs de 2% des revenus de la nouvelle taxe, environ 700 000$ par année.

Puisque la taxe entre en vigueur en juillet et que les automobilistes doivent renouveler leurs droits d'immatriculation par ordre alphabétique de nom de famille, certains ne seront pas tenus de payer la nouvelle taxe en 2011. Les propriétaires de voiture dont le nom commence par les lettres A à H seront ainsi exemptés pour la première année.

À moins d'un imprévu, l'entente sera entérinée demain par le Conseil d'agglomération.

Sursis en banlieue

Seuls les propriétaires de véhicule qui habitent sur l'île de Montréal sont touchés par la nouvelle mesure. Les résidants de la banlieue ne paieront pas la taxe de 45$. Gérald Tremblay espérait convaincre Laval et Longueuil d'emboîter le pas, mais les maires de banlieue ne sont pas intéressés.

La semaine dernière, le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, a réitéré sa position: il privilégie de nouvelles taxes sur l'essence qui serviraient à subventionner les transports en commun dans la région métropolitaine. Il estime qu'il faut taxer l'utilisation de la voiture plutôt que sa simple possession, comme le fait la taxe sur l'immatriculation.