La voiture est reine à Laval, mais elle le sera de moins en moins, promet Gilles Vaillancourt. Le maire a présenté mardi le «plan de mobilité durable» de la troisième ville du Québec, qui prévoit l'augmentation des déplacements en transports en commun, à pied et à vélo.

Gabriel Béland LA PRESSE

Le document propose une série de mesures afin que les Lavallois produisent 50% moins de GES d'ici à 2031 au cours de leurs déplacements. Électrifier les autobus, taxer davantage l'essence, augmenter le nombre de stations de métro et de pistes cyclables ainsi que mettre sur pied un réseau de bornes pour les voitures électriques sont autant de mesures au menu.

«Il faut densifier le territoire pour devenir moins dépendants de l'automobile. Il faut changer de modes de transport, il faut utiliser plus souvent le vélo et la marche, choisir des voitures écoénergétiques, habiter près d'un axe de transports en commun», a énuméré le maire Vaillancourt en conférence de presse.

À l'heure actuelle, les transports sont responsables de plus de la moitié (57%) des GES émis à Laval. Gilles Vaillancourt veut donc convaincre les Lavallois de changer leurs habitudes: il espère que plus du tiers des déplacements dans sa ville seront faits en métro, en autobus, à pied ou à vélo dans 20 ans, comparativement à un cinquième aujourd'hui. Il entend donc favoriser les modes de transport «durables» plutôt que ceux qui utilisent des combustibles fossiles.

L'une des mesures les plus importantes de ce plan concerne le parc d'autobus, qui, promet-on, sera complètement électrique en 2031. Les autobus la Société de transport de Laval (STL) consomment actuellement 8 millions de litres de gazole par année.

«Se déplacer dans un autobus diesel émet autant de GES par personne que se déplacer dans une voiture compacte», a fait remarquer mardi le directeur général de la STL, Pierre Giard.

Pour encourager la vente de véhicules électriques, on veut aussi installer 100 bornes de recharge en 4 ans dans l'île Jésus.

Le métro au coeur du plan

Plusieurs autres mesures envisagées dans ce plan ne relèvent toutefois pas de Laval ni de la STL. C'est le cas notamment du prolongement du métro. M. Giard a présenté mardi la construction de cinq nouvelles stations comme «la pièce maîtresse» de ce plan de mobilité durable. Le hic, c'est que plusieurs villes se battent pour de nouvelles stations de métro. La décision reviendra donc au gouvernement du Québec, tout comme l'établissement d'un échéancier.

Idem pour la taxe sur l'essence, que M. Vaillancourt aimerait voir grimper de 0,5 cent par année. Le fruit de ces hausses serait investi dans les transports en commun. Mais Québec refuse toujours de donner aux villes le pouvoir d'augmenter la taxe sur l'essence.

Ironie du sort, le ministère des Transports du Québec participait la même journée à une réunion pour présenter un projet d'élargissement de l'autoroute 19 entre la 440 et la 640, estimé à 320 millions de dollars, afin d'en augmenter la capacité.

«On s'y oppose catégoriquement, a rappelé mardi le directeur du Conseil régional de l'environnement de Laval, Guy Garand. On est contre l'élargissement.»

M. Garand émet aussi des doutes quant au plan dévoilé mardi. «On veut encore reporter les mesures dans le temps. Ils sont au pouvoir depuis longtemps. Si M. Vaillancourt avait voulu faire des actions, ça fait longtemps qu'il les aurait faites. Le développement durable, ça fait au moins 25 ans qu'on en parle.»

Le plan de mobilité durable de Laval sera soumis à des consultations publiques. Il devrait être adopté en 2012.