Richard Bergeron accuse l'administration Tremblay d'avoir donné un terrain à un fraudeur

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Le chef du parti de l'opposition Projet Montréal, Richard Bergeron.

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André Noël
André Noël
La Presse

L'administration Tremblay a donné un terrain à un fraudeur dans un secteur primé du Vieux-Montréal, en échange d'un terrain qui valait 10 fois moins et qui était situé à Pierrefonds, a accusé jeudi Richard Bergeron, chef du parti de l'opposition Projet Montréal.

La transaction s'est faite avec le promoteur Hershey Rosen. Ce dernier commencera à subir son procès le 7 juin. L'Autorité des marchés financiers l'accuse de placements illégaux et de détournements de fonds.

L'échange de terrains s'est fait en 2003. À l'époque, M. Rosen avait été condamné pour détournements de fonds en Ontario.

Se basant sur un rapport d'évaluation et son expertise, l'administration Tremblay a estimé que les deux terrains avaient la même valeur, soit environ 2,9 millions de dollars chacun.

Richard Bergeron affirme au contraire que le terrain de Pierrefonds valait 10 fois moins que le terrain du Vieux-Montréal, connu sous le nom d'«îlot Saint-François».

Quelques mois avant la transaction, M. Rosen avait acquis le terrain de Pierrefonds pour 440 000$. Il avait l'intention d'y ériger deux immeubles résidentiels en hauteur. Mais pour y accéder, il lui fallait aménager une rue en zone inondable. Il n'avait pas le permis pour le faire. Les citoyens du secteur se sont mobilisés pour empêcher la construction. La Ville a donc décidé de devenir propriétaire de ce terrain. Elle l'a transformé en parc.

En échange, la Ville a cédé l'îlot Saint-François, dans le Vieux-Montréal, à M. Rosen. L'acquisition de ce terrain avait coûté 4,3 millions de dollars à la Ville.

M. Rosen s'engageait à y lancer un projet immobilier de 30 millions de dollars. Il a annoncé ce projet en grande pompe en présence du maire Gérald Tremblay. Trois ans plus tard, M. Rosen n'avait rien construit et revendait l'Îlot pour 7,8 millions. «Cela lui a ainsi permis d'encaisser un profit net de 6,3 millions», a déclaré Richard Bergeron, jeudi. Le terrain est toujours vacant.

«La seule personne qui ait gagné sur toute la ligne dans cette histoire se nomme Hershey Rosen, a dit M. Bergeron. Quand ceux qui nous gouvernent agissent en amateurs, ils croisent sur leur chemin des gens qui, eux, comprennent le fonctionnement des marchés fonciers et immobiliers. M. Rosen s'est contenté d'exploiter à fond l'ignorance et la naïveté de Gérald Tremblay.»

Michael De Sousa, membre du comité exécutif de la Ville de Montréal, a rétorqué que les terrains échangés avaient bel et bien la même valeur. Hershey Rosen avait le droit de construire ses immeubles résidentiels sur les berges de la rivière des Prairies, à Pierrefonds, a-t-il ajouté.

Selon lui, la Ville aurait dû payer très cher pour l'exproprier et aménager un parc sur les berges. Il était moins coûteux de lui offrir en échange un terrain dans le Vieux-Montréal, a dit M. De Sousa.

Par ailleurs, Richard Bergeron s'est interrogé sur l'éthique de Monique Worth, mairesse de Pierrefonds-Roxboro. Mme Worth avait facilité la construction d'un autre immeuble de M. Rosen sur les berges de la rivière des Prairies, a dit M. Bergeron. Puis elle a acheté un appartement au prix de 180 000$ dans cet immeuble. Six mois plus tard, elle le revendait 235 000$, sans l'avoir habité.

Il a été impossible de joindre Mme Worth, jeudi.

Richard Bergeron a remis son dossier de recherche à l'Autorité des marchés financiers.




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