Le gouvernement du Québec ne devrait pas dépenser 300 millions pour doter le Stade olympique de Montréal d'un nouveau toit, selon l'Action démocratique du Québec (ADQ), qui réclame une commission parlementaire sur l'avenir du stade.

Mis à jour le 26 sept. 2010
Catherine Handfield LA PRESSE

«C'est assez, a déclaré dimanche le chef de l'ADQ, Gérard Deltell. Nous avons déjà dépensé 2,4 milliards de dollars dans cet édifice-là, qui incarne malheureusement la plus grande bêtise d'administration publique qu'on ait pu faire jusqu'à maintenant au Québec.»

Gérard Deltell affirme que la Régie des installations olympiques (RIO) fait preuve d'«improvisation plutôt que de planification» dans sa gestion du dossier du remplacement de la toiture du Stade olympique.

La semaine dernière, la RIO a annoncé qu'elle lancera un nouvel appel d'offres étant donné la qualité du projet du consortium EllisDon-Dessau. Ce dernier a présenté un projet d'une toiture fixe, comme l'exigeait la RIO, mais a ajouté en annexe l'option d'un toit rétractable.

Rappelons qu'en 2005, un premier appel d'offres s'était conclu par l'attribution d'un contrat de 300 millions de dollars à SNC-Lavalin, qui prévoyait construire un toit fixe en acier.

«À la dernière seconde, on repart à zéro, a déploré Gérard Deltell, lors d'un point de presse à Montréal. Ce n'est pas sérieux!»

L'ADQ enverra une lettre à la Commission parlementaire d'économie du travail, lundi, dans l'espoir qu'elle accepte de se pencher sur l'épineux dossier.

«Il faut mettre sur la table toutes les hypothèses, a dit M. Deltell. On peut parler de la vente de l'édifice jusqu'à la démolition, en passant par le projet du GREF de l'UQAM.» Le Groupe de recherche sur les espaces festifs (GREF) propose de faire du Parc olympique un grand parc urbain animé.

Gérard Deltell s'oppose à ce Québec dépense 300 millions de fonds publics pour refaire le toit d'un Stade qui n'a pratiquement plus de vocation sportive et qui n'est pas viable sur le plan économique.

Son parti politique reconnaît toutefois la valeur «patrimoniale, touristique et architecturale de la tour du Stade. «Pourquoi ne pas le mettre sur le marché? s'est questionné M. Deltell. C'est une hypothèse qui mériterait d'être analysée.»

Il y a quelques jours, Gérard Deltell s'est opposé à un financement entièrement public de la construction du futur Colisée de Québec, proposant du même souffle deux solutions pour impliquer le privé.