Pressée par les partis d'opposition, la Société de transport de Montréal (STM) a affirmé mardi qu'il n'est pas question de climatiser les wagons de métro qu'elle s'apprête à acheter. Mais elle climatisera certains autobus de son réseau dans un projet pilote qui débutera l'an prochain.

Mis à jour le 31 août 2010
Martin Croteau LA PRESSE

Alors que la canicule battait son plein, lundi, des élus de Projet Montréal ont apporté un thermomètre dans le réseau souterrain. Dans certaines stations, le mercure baignait aux environs de 35 degrés Celsius.

Comme la STM s'apprête à investir près de 3 milliards pour remplacer ses voitures de métro, le deuxième parti d'opposition estime qu'il n'en coûtera pas beaucoup plus cher d'équiper les nouveaux wagons de dispositifs pour rafraîchir l'air.

Le chef du parti, Richard Bergeron, convient de l'importance d'investir pour améliorer la fréquence et la fiabilité du service. Mais la climatisation rendra le métro plus confortable, dit-il, et ainsi plus susceptible d'inciter des automobilistes à délaisser leur voiture.

«Ce n'est pas la panacée, concède M. Bergeron. C'est un élément important et il est crucial à ce stade-ci, parce qu'on s'apprête à commander des nouveaux véhicules.»

Vision Montréal souhaite que la question soit étudiée par la Commission de la mise en valeur du territoire, sur l'aménagement urbain et le transport collectif.

«Les nouveaux wagons seront là pour 50 ans, souligne la conseillère Elsie Lefebvre. C'est aujourd'hui qu'on doit prendre la décision. Il n'est pas trop tard, à ce stade-ci, de se poser toutes les questions pour s'assurer que le choix soit fait de façon éclairée.»

La STM se dit ouverte à étudier la climatisation dans les autobus. Son président, Michel Labrecque, a d'ailleurs annoncé mardi la mise sur pied d'un projet pilote dès l'an prochain. Trois lignes d'autobus seront climatisées afin de tester les coûts ainsi que la réaction des chauffeurs et de la clientèle.

Mais en ce qui concerne la climatisation du métro, c'est une toute autre affaire. M. Labrecque souligne que la mesure coûterait 50 millions pour l'installation des appareils dans les nouveaux wagons. Et un autre 75 millions sur 40 ans pour les coûts d'opération et d'entretien.

Autre problème: le refroidissement des wagons aura pour effet de réchauffer les stations, puisque les climatiseurs émettent de la chaleur.

«Ce n'est pas vrai qu'on va refroidir nos voitures pour chauffer nos stations, affirme M. Labrecque. On va perdre d'un côté ce qu'on gagne de l'autre.»