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Le Village encore dans le coup?

De plus en plus de jeunes gais et... (Photo: François Roy, La Presse)

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De plus en plus de jeunes gais et lesbiennes disent ne pas se reconnaître dans le Village, qu'ils trouvent dépassé, clinquant et stéréotypé.

Photo: François Roy, La Presse

Le Village gai de Montréal? Un ghetto de paillettes, de gros muscles, trop diva, trop Céline Dion. Glanés au cours de conversations avec de jeunes homosexuels, ces qualificatifs sont étonnants. Une partie de la jeunesse montréalaise ne se montre guère tendre à l'égard de ce quartier un peu dépassé selon eux.

«Quand je vois les pubs Lesbomonde, franchement, cela ne me donne pas envie», lâche Michelle*. Yeux bleus, visage à peine sorti de l'enfance et cheveux savamment en bataille, la jeune femme de 19 ans a fréquenté l'incontournable Village à son arrivée au Québec, il y a un an. Elle n'en garde pas un souvenir impérissable. «Je trouve que c'est stéréotypé, surtout pour les filles», tranche-t-elle.

La jeune femme trouve son bonheur à l'extérieur du Village, dans un circuit de soirées queer, volontiers underground, du côté du Mile End. Comme elle, plusieurs centaines de personnes fréquentent des soirées gaies loin de la rue Sainte-Catherine Est, dans les tavernes de la Main, dans les bars d'effeuilleuses désaffectés du Mile End ou dans les boîtes chic du Vieux-Port.

Dina a 24 ans et un sens des affaires déjà bien affûté. La jeune femme, homosexuelle, étudiante à HEC Montréal, a su capter le besoin d'une partie des professionnelles lesbiennes avec Pink28. Ces 6 à 9 de réseautage pour femmes d'affaires comptent, après deux ans d'existence, plusieurs centaines de membres, selon Dina.

Pour la nuit, Dina a créé avec trois partenaires les soirées Tease, lesquelles, après quelques présentations à peine, attirent environ 400 femmes. «Beaucoup de femmes n'aiment pas aller dans le Village parce que ça manque de classe», croit-elle. Selon Dina, une nouvelle génération de lesbiennes soigne son apparence, est diplômée, prête à dépenser de l'argent: on s'éloigne de l'habituel stéréotype de la lesbienne, selon elle.

Mec Plus Ultra

Les femmes ne sont pas les seules à délaisser le Village. Depuis plus de deux ans, Julien de Repentigny, directeur artistique d'une agence de publicité, organise les soirées bimensuelles Mec Plus Ultra pour gais dans un bar... hétéro. Adieu drag queens, muscles et torses nus, bonjour jeunes hommes branchés, inspirés par le style de New York ou de Londres.

«Ce qui est super important, pour nous, c'est le style de musique. On n'écoute pas Britney, Céline ou les grandes divas, on va dans des concerts, on est influencés par la culture londonienne», dit celui qui a invité à Mec Plus Ultra les groupes de musique indie du moment (The XX, Dragonette, etc.).

Contrairement à Mec Plus Ultra, les soirées Lipstick, organisées chaque dimanche soir dans le Plateau, ne s'affichent pas comme gaies, même si elles attirent une clientèle homosexuelle, sensible à la mode et aux arts visuels. Esthètes, les amateurs de Lipstick évitent soigneusement le Village, selon l'hôte de ces soirées, Patrick de Grâce.

«Pour sortir, c'est vraiment à éviter. Il y a un melting-pot au Village, c'est un peu n'importe quoi. Les bars sont très typés, catalogués par type de clientèle», estime celui qui porte un regard plutôt sévère sur le Village. «C'est important que le Village s'ouvre et se renouvelle», soutient-il.

D'autres bars, comme Les Bains Douches, dans le Vieux-Montréal, organisent sur une base mensuelle des soirées gaies qui obtiennent un succès fou et attirent les foules. La clientèle apprécie y rencontrer de nouveaux visages et découvrir des décors différents.

Exode

L'exode d'une partie de la jeunesse homosexuelle de Montréal n'a pas échappé aux commerçants. Peter Sergakis, propriétaire de plusieurs établissements phares de la rue Sainte-Catherine Est, dont le Sky, ne s'en émeut pas outre mesure. «L'orientation sexuelle est acceptée partout, explique-t-il. On a remarqué une baisse et le fait que des gais ne sortent pas dans le Village, mais c'est correct.»

Est-ce à dire que le Village est condamné à plus ou moins brève échéance à disparaître? Julien de Repentigny estime quant à lui que le Village a encore sa raison d'être. «Le Village va toujours être présent, c'est important. Nous ne sommes pas contre le Village, mais on veut donner une autre option. Le Village, c'est bon pour les gens perdus dans la recherche d'eux-mêmes, ceux de la région qui n'ont peut-être pas été acceptés (chez eux). Mais il y a autant, sinon plus de monde hors Village qu'au Village.»

*Nom fictif




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