Les activités dans le Port de Montréal reprendront normalement samedi matin après cinq jours de lock-out.

Annie Mathieu LA PRESSE CANADIENNE

L'entente survenue jeudi soir entre les deux parties pour mettre fin au lock-out a été approuvée vendredi en fin de matinée par les membres du Syndicat des débardeurs qui étaient réunis en assemblée générale spéciale.

Le président du syndicat, Daniel Tremblay, a indiqué que les quelque 700 syndiqués présents ont voté à l'unanimité pour la reprise du travail.

«Les membres sont très heureux de retourner faire ce qu'ils font tous les jours, soit leur métier de débardeur», a-t-il déclaré.

Selon lui, le lock-out décrété lundi n'a pas du tout servi les intérêts de l'Association des employeurs maritimes. Il estime que les débardeurs en ressortent encore plus forts.

«Il (l'employeur) s'est tiré dans le pied. Depuis le début on le dit, c'est inutile ce lock-out là. Il devait simplement rester à la table comme c'était prévu, mais il en a décidé autrement», a dit M. Tremblay.

Le porte-parole de l'Association des employeurs maritimes, Gilles Corriveau, a rappelé que ce n'était pas de gaieté de coeur qu'elle avait déclenché le lock-out. Cela représentait une solution de dernier recours, a-t-il répété.

M. Corriveau a par ailleurs assuré que le retard pour la livraison et la réception de marchandises sera rapidement rattrapé.

Les conteneurs qui se sont accumulés sur les quais au cours des derniers jours seront expédiés à l'extérieur du Port de Montréal par voie ferroviaire ou par camion dès samedi, a précisé M. Corriveau. Un premier navire est attendu dimanche matin vers 8h00.

 

L'Administration portuaire de Montréal, qui n'a pas pris part au conflit, a dit regretter les inconvénients causés pour les utilisateurs de services portuaires. Elle a confirmé vendredi midi que le trafic ferroviaire avait repris et que les navires déroutés et qui n'ont pas été déchargés et rechargés dans un autre port étaient en route vers celui de Montréal.

La ministre du Travail du Canada, Lisa Raitt, a réagi par voie de communiqué, dans lequel elle affirme que l'entente représente un pas dans la bonne direction. Elle ajoute que la reprise des activités permettra d'éviter une perturbation de l'économie canadienne et d'assurer la livraison de biens et services importants aux Canadiens.

Son de cloche similaire de la part du Conseil du patronat du Québec, qui s'est réjoui pour tous ses membres ainsi que pour l'économie montréalaise et québécoise dans son ensemble.

Le porte-parole de l'Association des employeurs maritimes, M. Corriveau, a par ailleurs assuré que les employeurs avaient toujours gardé en tête la position «stratégique» du Port de Montréal dans l'économie québécoise.

Convention collective

Quant aux négociations sur le renouvellement de la convention collective, elles reprendront de manière intensive lundi matin pour se poursuivre au cours des prochaines semaines.

Les coûts de la caisse de sécurité d'emploi et la sécurité du revenu sont au coeur du litige.

Mais les deux parties sont optimistes quant à la possibilité de s'entendre rapidement. «On croit que d'ici deux à trois semaines on devrait réussir (à s'entendre)», a affirmé M. Tremblay.

«Soyez assurés que du côté des employeurs, c'est le même objectif que l'on poursuit», a répliqué M. Corriveau, ajoutant qu'il était heureux de constater que les deux parties étaient réalistes quant à la situation économique.

«Les heures de travail au Port de Montréal ont diminué dans les dernières années, mais les coûts de la main-d'oeuvre sont restés les mêmes, a expliqué M. Corriveau. Alors il faut faire des ajustements en termes de coût de main-d'oeuvre.»

Le président du syndicat a également annoncé que les 169 travailleurs qui s'étaient vu retirer leur sécurité salariale par l'employeur comme moyen de pression la retrouveront dès dimanche.

Les quelque 900 débardeurs du Port de Montréal sont sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2008.