L'explosion du nombre de hauts salariés à la Ville de Montréal, et du nombre de cadres en général, doit faire l'objet d'une commission ad hoc, a réclamé lundi la chef de l'opposition à l'Hôtel de Ville, Louise Harel.

Mis à jour le 14 juin 2010
Karim Benessaieh LA PRESSE

Faisant écho à un reportage de La Presse publié lundi matin ayant révélé que le nombre de salariés gagnant 100 000 $ et plus avait quadruplé à la Ville depuis 2003, Mme Harel a en outre souligné que même le directeur général Louis Roquet avait admis que la structure actuelle empêchait les économies d'échelle. «Il faut étudier les effets des dédoublements de service, de la décentralisation, de la fragmentation de la Ville, estime la chef de Vision Montréal. Nous avons un taux d'encadrement qui défonce tous les barèmes connus, il s'impose, dans les meilleurs délais, d'apporter des correctifs.»

Un nouveau mandat

Cette commission ad hoc, a-t-elle précisé, aurait un mandat plus large que celui de la commission des finances, qui s'est penchée au cours du printemps sur les coûts des différents services de la Ville. «Elle n'a pas regardé les arrondissements, et ne s'est pas attardée au gaspillage engendré par la décentralisation. L'heure est venue de réclamer ce mandat.»

La première étape est d'établir «un bon diagnostic», estime-t-elle, afin d'établir un plan à long terme pour dégraisser l'appareil municipal. «Ce sont des postes d'encadrement qui n'ont pas d'effet sur les services aux citoyens. Les appels des syndicats, la déclaration du directeur général de la Ville devant la commission des finances, tout ça milite pour un examen en profondeur de la structure de la Ville.»

Dans ce contexte, il serait «totalement inapproprié» d'imposer des hausses d'impôt foncier aux citoyens, croit-elle. La commission des finances, qui a remis son rapport hier soir, recommande à l'administration Tremblay de limiter les hausses d'impôt et de tarifs à l'inflation.