La Ville de Montréal est empêtrée dans un gouffre financier de 400 millions de dollars et le maire souhaite que l'opposition l'aide à s'en sortir. Gérald Tremblay a annoncé la mise en place d'un nouveau processus de consultation budgétaire, jeudi, et il n'exclut pas une nouvelle hausse de taxes l'an prochain.

Martin Croteau LA PRESSE

«Ensemble, les élus analyseront alors les scénarios possibles pour atteindre un budget 2011 équilibré. Compressions? Hausses de taxes et de tarifs? Utilisation des pouvoirs habilitants (de taxation)? Gel budgétaire? Il n'y aura aucun tabou et toutes les pierres devront être soulevées», a affirmé le maire, flanqué de son responsable des finances, Alan DeSousa.Si la tendance se maintient, Montréal engrangera en 2011 des revenus de 42 millions supérieurs à ceux de 2010. Mais on s'attend à une véritable explosion des dépenses, si bien que le manque à gagner s'élève à près de 400 millions selon le maire.

Les augmentations de salaire des employés municipaux, des investissements à venir, notamment dans le transport collectif, ainsi que différentes «affectations» budgétaires expliquent l'impasse, qui représente près de 10% du budget global de la Ville.

En janvier, l'administration Tremblay a imposé une augmentation de 5,6% de l'impôt foncier. En tenant compte des variations dans les arrondissements, le compte de taxes du Montréalais moyen a crû de 6%.

Malgré tout, dit le maire, la Ville fait encore face à un «défi de taille». Pour le surmonter, il invite les partis de l'opposition à siéger à la commission municipale chargée d'étudier les finances afin de lui faire des recommandations.

Le groupe de travail siégera de la fin d'avril à la fin de mai. Ses membres entendront tout à tour les représentants de tous les services relevant du conseil municipal et du conseil d'agglomération, en plus des sociétés municipales et paramunicipales.

Les travaux de la commission seront accessibles au public, et les citoyens pourront formuler leurs commentaires sur le site web de la Ville. Le maire n'a pas précisé dans quelle mesure son administration serait liée par les recommandations du groupe de travail multipartite. Mais le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, estime que le maire ne pourra faire autrement que de les suivre. «Si on prépare le budget en commission et qu'en bout de piste, on retourne à la case départ, il y aura un prix politique à payer pour le maire», a-t-il souligné.

Une impasse exagérée?

La chef de l'opposition officielle, Louise Harel, compte participer aux travaux du groupe de travail, elle aussi. Mais elle s'est montrée sceptique quant à l'importance du gouffre financier de 400 millions.

«S'il y avait 400 millions de surplus, ce serait surprenant qu'on nous demande de participer à un tel exercice», a-t-elle raillé.