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Un réservoir défectueux à l'origine de l'incendie dans l'Est

De nombreux pompiers s'affairaient en soirée à arroser... (Robert Skinner La Presse)

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De nombreux pompiers s'affairaient en soirée à arroser le brasier.

Robert Skinner La Presse

Un réservoir de goudron défectueux semble être à l'origine de l'incendie monstre qui a ravagé deux bâtiments industriels de l'est de Montréal, vendredi soir.

Le conteneur, chauffé à plus de 350ºC, était garé dans la cour de Couvreur Verdun, une entreprise spécialisée dans la réfection des toitures. Des employés l'avaient placé là après avoir remarqué que son contenu était instable, vendredi matin.

Une flamme de plus de cinq mètres de haut en avait jailli, à 6h le matin, lors d'un déplacement sur l'autoroute 40. Pierre Lacoursière était aux premières loges de ce spectacle étrange: sa Mazda roulait juste derrière. Elle a été éclaboussée de goudron, forçant l'intervention d'une voiture de patrouille.

«Ce que je trouvais bizarre, c'est qu'il y avait du goudron qui sortait, qui coulait le long du réservoir, relate M. Lacoursière, un résidant de Saint-Sulpice. Et même à l'endroit où il était attaché au camion, il y avait des filaments de goudron.»

Des employés du couvreur ont conduit la remorque bouillonnante pour qu'elle soit vidangée. Cela ne l'a pas empêchée de prendre feu quelques heures plus tard. La conjointe du propriétaire de l'entreprise, Suzanne Janlin, assure que le réservoir n'avait montré aucun signe inquiétant dans les jours précédant l'accident. Et que les coulées de goudron aperçues par M. Lacoursière ont sans doute été causées par l'explosion.

Le Service des incendies de Montréal ne considère pas le feu comme criminel. Mais ses experts analyseront le réservoir défectueux dans les prochains jours.

«Aucun indice ne nous porte à croire qu'il s'agit d'un acte criminel», a pour sa part indiqué le directeur adjoint du SIM, Ronald Dubeau, tandis que ses hommes continuaient d'arroser les décombres.

Les pompiers ont mis presque 12 heures avant de maîtriser l'incendie, qui a pris naissance peu avant 19h, vendredi soir. Les flammes ont vite sauté du réservoir de goudron à un autre conteneur garé juste à côté. De là, elles ont consumé un amas de planches avant d'atteindre les nombreuses bonbonnes de propane entassées dans la cour.

Dès lors, les pompiers ne pouvaient plus s'approcher. Ils n'ont eu d'autre choix que d'arroser à distance, tandis que des morceaux des réservoirs de propane volaient dans tous les sens.

Preuves de la violence de l'incendie, des éclats de bonbonnes ont été trouvés au milieu de la rue Sherbrooke, à une centaine de mètres de là. Luc Vézina, un employé du lave-auto Hawaii, a vu un morceau atterrir juste devant lui. Il se trouvait pourtant dans un stationnement situé à plus de 200 m de là, rue April. Pour l'atteindre, la pièce a passé par-dessus un immeuble situé entre son commerce et le lieu de l'incendie.

«C'était un vrai missile», a relaté le travailleur.

Décombres et inquiétudes

Hier midi, une pelle mécanique grattait toujours les décombres fumants, tandis qu'un pompier les arrosait depuis une nacelle.

Dans la cour, quatre camions étaient calcinés. Leurs pneus avaient fondu. L'habitacle d'un d'entre eux n'était plus qu'un amas de cendre.

Au sol, on pouvait voir des feuilles métalliques tordues dans tous les sens, les restes de bonbonnes qui ont explosé pendant la soirée. Et au loin, dans le coin nord, le fameux conteneur où tout a commencé avait étonnamment bien résisté à la chaleur. Beaucoup mieux, en tout cas, que le camion qui le remorquait.

Pendant que les pompiers ratissaient les décombres, une douzaine d'employés de l'entreprise regardaient, incrédules, de l'autre côté de la clôture. Le petit groupe a sèchement refusé de commenter la situation. Selon le père d'un travailleur, rencontré tout près, plusieurs craignent de se retrouver au chômage. Car d'autres entreprises de la construction ont fait des mises à pied dans les dernières semaines.

«Quand mon gars m'a appelé hier, il pleurait», a confié ce père, lui-même un ex-employé de l'entreprise.

Joint en fin d'après-midi, le fondateur de Couvreur Verdun, Jean-Luc Poulin, n'a pas caché sa tristesse de voir l'entreprise rasée par les flammes. Il a toutefois assuré qu'elle poursuivra ses activités dans un local situé sur le terrain adjacent, qui n'a pas été touché par l'incendie. Et personne ne sera mis à pied.

Quelques mètres plus loin, le moral semblait meilleur à l'usine Béton Bélanger. Les employés ont bon espoir de reprendre le travail bientôt. Comme la cimenterie exploite plusieurs usines dans la région de Montréal, les opérations ne devraient pas être perturbées outre mesure.

Mais le bâtiment, lui, est dans un sale état. La tôle est tordue et noircie. Les poutres qui soutiennent la structure menacent de céder. En fait, seules les deux cheminées orangées semblent avoir résisté à l'assaut des flammes.

«C'est une perte totale, il n'y a rien à faire avec cela», a soupiré Sylvain Véronneau, directeur régional de Béton Provincial, l'entreprise qui exploite l'usine.

Les dommages dans cette entreprise sont évalués à plus de deux millions. Le bâtiment abritant Couvreur Verdun, lui, est une perte totale.




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