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Le Village gai est un paradis canin

Notre journaliste aime les chiens. Beaucoup. Nous lui avons demandé comment... (Photo: André Pichette, La Presse)

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Photo: André Pichette, La Presse

Notre journaliste aime les chiens. Beaucoup. Nous lui avons demandé comment elle vivait cet amour dans une ville où avoir un chien est parfois vu comme une tare.

Le Village gai n'est pas celui que vous croyez. Ce n'est pas le quartier général des homosexuels, ni le point de ralliement des squeegees au parc Émilie-Gamelin. Le Village - ou Centre-Sud, ou Ville-Marie - est un paradis canin. Ou un paradis pour les amoureux des chiens, qu'ils soient clodos ou proprios d'un condo.

 

J'y suis née, j'y ai grandi et j'y reste depuis une trentaine d'années. J'y reste précisément pour mon chien, découragée par les petites annonces d'appartements «interdits aux animaux». Je n'arrive pas à comprendre pourquoi la solitude urbaine, pourtant bien documentée, s'accompagne d'un resserrement des restrictions face aux animaux domestiques. Il faudrait donc souffrir seul de la solitude et que seuls les nantis puissent jouir de la compagnie exceptionnelle du chien, ami de l'Homme? Sans permis de conduire, puisque c'est une permission que je n'ai jamais recherchée, je ne peux m'exiler dans ces vertes banlieues où ma yorkshire-terrier de 6 lb pourrait profiter d'une cour. Je reste dans le Village-Ville-Marie-Centre-Sud qui aime les chiens. Et j'envoie promener tous les proprios qui refusent mon excellent dossier de crédit dès que je mentionne l'existence de Sissi.

Sissi, yorkshire-terrier de 6 lb, qui fait le bonheur quotidien de ma vie. Car il y a des jours où, comme Charlie Brown, ma seule ambition dans la vie se résume à rendre mon chien heureux. Mon amoureux s'est rallié à cette idée, après avoir surmonté sa crainte de promener une yorki nommée Sissi dans le Village gai.

J'ai perdu Sissi deux fois - les terriers sont des aventuriers qui prennent le champ sans arrière-pensée. Et c'est mon quartier pro-chien qui me l'a rendue. La première fois, aidée d'une armada de voisins pour la retrouver chez une dame qui l'avait recueillie. La deuxième fois, d'un Bear adepte du cuir, maître de deux schnauzers, qui m'a fait la morale (de façon très sévère) sur l'importance d'identifier mon chien, et qui refusait de me la rendre tant qu'elle ne m'aurait pas reconnue. Depuis, Sissi porte un collier (et cela n'a rien de fétichiste).

J'impose mon chien, parce que je me dis que si l'on n'accepte pas cette ridicule et inoffensive Sissi, malgré mon excellent crédit, l'on accepte encore moins une famille monoparentale ou d'immigrants. Mon amour pour cette petite bête englobe tout l'amour du monde, et me fait comprendre le reste. Je n'y vois rien de superficiel. Cette «niaiserie affective» pour certains est, au bout du compte, fort utile collectivement. Je comprends mieux pourquoi les squeegees se déplacent avec leur meute: les chiens sont les seuls êtres qui nous aiment plus qu'ils ne s'aiment, ai-je déjà lu, et je ne pense pas que cette faune d'éclopés a beaucoup connu ce type d'amour inconditionnel. Je constate aussi cet étrange phénomène; il y a bien plus d'itinérants à Montréal qu'il n'y a de chiens errants. Quand j'étais petite, c'était l'inverse.

C'est parce que l'on traite les gens comme des chiens que j'aime les chiens.

 




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