Source ID:; App Source:

Montréal fait fuir les chiens

L'exode vers les banlieues, c'est aussi l'affaire des chiens. Les entraves sont... (Photo: André Pichette, La Presse)

Agrandir

Photo: André Pichette, La Presse

L'exode vers les banlieues, c'est aussi l'affaire des chiens. Les entraves sont de plus en plus nombreuses pour les propriétaires à Montréal qui choisissent parfois les grands espaces de la banlieue pour faire gambader toutou. Heureusement, certains quartiers de la métropole demeurent des îlots canins de rêve.

La laisse est de plus en plus courte pour les propriétaires de chiens montréalais. La multiplication des règlements des administrations locales pour restreindre la liberté des bêtes dans les endroits publics semble même avoir fait chuter le nombre de toutous dans la métropole.

 

En 2002, 18% des ménages montréalais possédaient au moins un chien, selon une étude menée par Léger Marketing pour le compte de l'Académie de médecine vétérinaire du Québec. En 2006, cette proportion est descendue à 17%, et en 2008, à 14%.

Grossièrement, le nombre de chiens à Montréal serait donc passé de 130 000 à 98 000 en six ans, soit plus de 30 000 bêtes de moins.

Entre-temps, plusieurs arrondissements ont resserré la réglementation entourant les animaux de compagnie.

Depuis deux ans, le meilleur ami de l'homme n'est plus le bienvenu dans le Vieux-Port, dans tous les parcs de Pierrefonds-Roxboro ainsi que dans le parc Émilie-Gamelin et au square Viger. Les chiens sont également bannis de tous les lieux publics de Verdun ainsi que des parcs de Lachine et de LaSalle.

Dans la majorité des arrondissements, le nombre maximal de chiens par foyer a récemment été limité à deux. Dans d'autres secteurs, comme à Montréal-Nord, la règle est d'un toutou par maison. De plus, il est interdit de circuler avec plus de deux chiens sur l'ensemble du territoire.

Montréal: meilleur ami du chien?

«Un chien qui ne peut pas courir librement ni avoir de contacts avec d'autres chiens deviendra anxieux et agressif», explique le président de l'Académie de médecine vétérinaire du Québec, Michel Pépin.

«Il aura tendance à faire plus de dommages à l'intérieur du foyer et aura plus de difficulté à socialiser. Lorsque la cohabitation se fait mal, les maîtres ont tendance à rapidement se débarrasser de leur chien. Je pense que c'est ce qui se produit à Montréal dans les secteurs où les gens vivent loin d'un parc à chiens.»

Il existe de nombreux parcs canins sur le territoire de Montréal où les animaux peuvent trotter librement. Les 19 arrondissements en possèdent de zéro à quatre. Ils doivent toutefois être entretenus par les bénévoles des associations de propriétaires.

Aménager un parc canin n'est pas facile, selon le membre fondateur de l'Association des promeneurs de chiens du parc de la Bruère.

«C'est long, compliqué et il y a des obstacles à toutes les étapes du processus», résume Jacques Beaulieu.

Au parc Jeanne-Mance sur le Plateau- Mont-Royal, où les chiens ne peuvent être détachés que très tôt le matin ou tard le soir, les maîtres en ont long à dire sur la qualité et l'accessibilité des aires. Dans l'arrondissement, environ une famille sur deux avait un chien en 2006, alors qu'il existe seulement deux zones clôturées.

«Je suis fatiguée de me cacher de la police pour faire courir mes deux chiens», lance Anabelle Segovia. «Les autorités nous ont davantage à l'oeil que les revendeurs de drogue! Faire courir son chien dans un espace plus grand que 10 m2 est pourtant une responsabilité.»

«Les installations municipales sont ridiculement petites», ajoute Marc-Antoine. «Pour que T-Bone reste en forme, je dois marcher cinq kilomètres pour me rendre au parc La Fontaine ou une heure pour aller au parc Laurier où sont les aires clôturées.»

Selon Michel Pépin, les administrations municipales de la métropole ont des efforts considérables à faire.

«Des milliers de propriétaires déboursent chaque année une trentaine de dollars pour acheter une licence pour leur animal. L'argent des médailles ne doit pas servir pour remplir les nids-de-poule, il doit aider à améliorer le sort des animaux.»

 

Les foyers et les chiens

Pourcentage des foyers qui possédaient au moins un chien en 2008

Ville de Montréal 14%

Laval 22%

Montérégie 28%

Laurentides 35%

Estrie 30%

Source: Sondage de Léger Marketing mené pour le compte de l'Académie de médecine vétérinaire du Québec en 2008.

La race canine en chiffres

> 880 000: population approximative de chiens au Québec

> 98 000: population approximative de chiens à Montréal

> 829 millions: dépenses annuelles des Québécois pour leurs animaux de compagnie

> 39%: nombre de foyers américains ayant au moins un chien

> 32%: nombre de foyers canadiens ayant au moins un chien

> 23%: nombre de foyers québécois ayant au moins un chien

Sources: Ipsos-Reid, Léger Marketing, Institut de la statistique du Québec, Vétérinet.net

 




À découvrir sur LaPresse.ca

La liste:-1:liste; la boite:2099152:box; tpl:html.tpl:file

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer