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Comptage de l'eau réalisée en 2003: la Ville paye trop cher, estime un expert

André Noël
André Noël
La Presse

Un expert en compteurs d'eau, Jean-Claude Lauret, directeur général de la firme Master Meter Canada inc., se dit estomaqué par le prix que paye la Ville de Montréal pour installer et entretenir des compteurs d'eau dans les secteurs industriel, commercial et institutionnel, ainsi que des chambres de contrôle sur le réseau de distribution.

La Ville a octroyé ce contrat en 2007 au consortium GéniEAU, formé par la firme Simard-Beaudry, dirigée par Tony Accurso, et par le groupe d'ingénieurs Dessau. Ce contrat s'est retrouvé à nouveau dans l'actualité, cette semaine: Frank Zampino a admis avoir voyagé à bord du bateau de M. Accurso, notamment en 2007, soit pendant la période d'octroi du contrat, et alors qu'il était président du comité exécutif de la Ville.

Il s'agit du plus important contrat jamais consenti par la Ville de Montréal: 355 millions de dollars pour l'installation et l'entretien de 30 000 compteurs d'eau pendant 15 ans, ainsi que pour un nouveau système de contrôle de l'eau dans le réseau pendant 25 ans.

«Tout ce contrat devrait coûter au maximum 200 millions», affirme M. Lauret, qui a réalisé une étude sur le comptage de l'eau en 2003 pour la firme Pricewaterhouse, à qui la Ville de Montréal avait demandé des conseils pour établir une stratégie financière de l'eau.

«Lors de notre étude, nous avons constaté que les industries et les commerces consomment 70% de l'eau traitée à Montréal, a-t-il indiqué au cours d'un entretien, hier. Un bon nombre de compagnies, par exemple, utilisent l'eau dans un but de réfrigération. C'est donc une très bonne idée d'y installer des compteurs.»

«Nous avons calculé qu'il en coûterait 32 millions pour équiper les industries, les commerces et les institutions de 32 000 compteurs. En ajoutant les coûts d'installation, l'entretien, les dispositifs antirefoulement, les imprévus, les systèmes de communication, etc., on ne devrait pas dépasser 95 millions.»

L'autre volet, celui des chambres de contrôle dans le réseau de distribution, ne devrait pas beaucoup dépasser les 100 millions, ajoute-t-il. Dans ce cas, il s'agit d'enfouir de 700 à 800 chambres en béton cubiques (300 grandes et 500 petites) munies de valves et de systèmes de contrôle un peu partout dans le réseau, explique-t-il.

«Ce n'est pas ma spécialité, mais les experts avec qui je suis en contact dans d'autres villes canadiennes me disent que les grandes chambres coûtent 100 000$ chacune, et les petites 10 000$ chacune, indique M. Lauret. Encore une fois, si on compte l'installation, l'entretien, etc., on ne dépasse guère les 100 millions, pour un grand total d'environ 200 millions.»

Personne, chez Dessau, membre du consortium GéniEAU, n'a voulu commenter cette évaluation. Les experts de la Ville ne pourront faire aucun commentaire sans connaître plus en détail les calculs de M. Lauret, a déclaré un responsable des communications de la Ville, Philippe Sabourin. «Sans ces détails, il est très difficile pour eux de se prononcer», a-t-il ajouté.

Jeudi, le maire Gérald Tremblay a répété que le contrat avait été accordé au consortium GéniEAU en suivant toutes les procédures. Le ministère des Affaires municipales a examiné l'octroi du contrat en profondeur, explique-t-il, et n'a trouvé aucune irrégularité.




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