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AMT : projet de 168 millions à Pointe-Saint-Charles

Un train de banlieue à Montréal... (Photo: Patrick Sanfacon, archives La Presse)

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Un train de banlieue à Montréal

Photo: Patrick Sanfacon, archives La Presse

Bruno Bisson
La Presse

L'Agence métropolitaine de transport (AMT) projette d'utiliser la moitié des terrains des anciens ateliers ferroviaires du CN, à Pointe-Saint-Charles, au sud-ouest de Montréal, afin d'aménager un centre d'entretien moderne pour ses locomotives et wagons de passagers, à un coût estimé de 168 millions.

Après avoir examiné huit autres emplacements, l'agence gouvernementale responsable des trains de banlieue de la métropole, a identifié le site des anciens ateliers ferroviaires du CN comme l'endroit « le plus probable » pour la construction de ses nouveaux ateliers.Le 10 septembre dernier, le gouvernement du Québec a imposé par décret une réserve foncière couvrant la moitié des terrains, soit une superficie d'environ 16 hectares sur un total de 33 hectares (environ 3,5 millions de pieds carrés), en attendant leur acquisition pour le projet de l'AMT. Selon le directeur du projet à l'AMT, l'urbaniste Denis Houde, les nouveaux ateliers ferroviaires pourraient créer jusqu'à 150 emplois dès leur inauguration en 2011. En vertu des projets de développement du réseau de trains de banlieue, et de la quantité croissante du matériel roulant nécessaire pour assurer les services, le nombre de ces emplois pourrait même rapidement augmenter.

Mais surtout, l'implantation de ces ateliers marquerait la renaissance d'une activité industrielle qui a façonné l'histoire du quartier et d'une grande partie du sud-ouest de Montréal pendant 150 ans, avant de décliner et de s'éteindre, usine par usine, depuis les années 70.

La disparition de l'industrie ferroviaire - la dernière usine, celle d'Alstom, a fermé en 2003 - a laissé complètement à l'abandon un territoire vaste comme 60 terrains de football, à proximité du centre-ville et du Havre de Montréal.

En 2005, le promoteur Vincent Chiara, du groupe MACH, a fait l'acquisition de ces immenses terrains industriels du CN pour la somme symbolique de 1 $. À l'époque, la construction d'un vaste centre de foire et d'expositions était projetée.

Ce projet a toutefois disparu de l'écran-radar avec l'abandon du projet de déménagement du Casino de Montréal qui devait s'installer à Pointe-Saint-Charles, dans un mégacomplexe conjoint avec le Cirque du Soleil sur des terrains situés à proximité des anciens ateliers.

Depuis la mort du projet de casino, en 2006, aucun autre projet précis n'a été envisagé sur ses grands terrains.

Hier, le directeur du projet, pour l'AMT, a refusé de fournir toute indication quant au coût d'acquisition des anciens terrains industriels mis sous réserve par Québec, en raison des négociations à venir avec le propriétaire actuel.

Des terrains en « consultation »

L'imposition d'une réserve foncière couvrant la moitié des anciens terrains du CN, a été

révélée récemment par le site internet d'information communautaire La pointe libertaire (www.lapointelibertaire.org), au moment où commençaient les activités de «préconsultation» sur l'avenir de ces terrains, menées par l'Office de consultation publique de Montréal (OCPM).

Hier, l'OCPM tenait une soirée d'information pour expliquer ce processus de consultations fort particulier, visant à dégager une vision commune de l'avenir de ces immenses terrains, sur lesquels reposent en grande partie les espoirs de redéveloppement de tout le secteur. Un document d'ensemble présentant le fruit de cet exercice de consultation exceptionnel doit être rendu public en décembre.

Le mandat confié à l'OCPM par le comité exécutif de la Ville de Montréal, à la demande de l'arrondissement du Sud-Ouest, n'est pas vraiment un mandat de consultations publiques et ne portera ni sur un projet d'aménagement précis, ni sur l'étude d'impacts environnementaux ou sociaux d'un projet.

L'Office doit plutôt servir de médiateur entre plusieurs acteurs importants du milieu, notamment l'arrondissement du Sud-Ouest, le propriétaire du terrain, le promoteur Samcon, et plusieurs organismes à vocations communautaires ou socioéconomique qui exercent une influence énorme sur la vie de ce quartier défavorisé de Montréal.

En 2005, l'opposition de la table de concertation communautaire locale, Action Gardien, au projet de déménagement du casino dans le quartier, a joué un rôle prépondérant dans l'échec et l'abandon de ce projet, pourtant évalué à plus d'un milliard.

Jointe par La Presse hier, la porte-parole d'Action Gardien, Mme Karine Triollet, a commenté favorablement le projet de l'AMT qui permettra le maintien des activités industrielles au coeur du quartier depuis plus d'un siècle, et dont le déclin a laissé son empreinte, visible à tous les coins de rue.

Après plusieurs années de mobilisation et de consultations directes dans la population locale, Action Gardien a publié, l'an dernier, une proposition d'aménagement d'ensemble des terrains du CN, qui prévoyait déjà un retour des activités ferroviaires, dans la portion des terrains mis sous réserve.




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