(Ottawa) Environ 14 000 km⁠2 le long de la côte de la Colombie-Britannique s’ajouteront aux aires marines déjà protégées de la mer Great Bear. Les efforts de conservation seront menés par 17 Premières Nations de la côte du Pacifique Nord grâce à une entente conclue avec les gouvernements fédéral et britanno-colombien.

« Cette initiative démontre ce que nous savons depuis longtemps », a affirmé le premier ministre Justin Trudeau mardi lors d’une conférence de presse à Vancouver. « La réconciliation, la protection de la nature et la croissance économique vont de pair. »

Il a ensuite décoché une flèche aux conservateurs qui venaient de rafler le château fort libéral de Toronto – St. Paul’s lors de l’élection partielle tenue la veille.

« Nous ne pouvons pas tenir pour acquise la beauté naturelle de notre grand pays, a-t-il dit. Pourtant, c’est exactement ce qui s’est produit sous le précédent gouvernement conservateur. Ils ont vidé la protection de l’environnement, muselé les scientifiques et abandonné la lutte existentielle contre la crise climatique. Nous ne pouvons pas et nous ne permettrons pas que cela se reproduise. »

L’initiative de Financement de projets pour la permanence (FPP) de la mer Great Bear sera dotée d’un budget de 335 millions provenant à la fois des gouvernements et d’organisations philanthropiques. Ottawa y alloue 200 millions et la Colombie-Britannique, 60 millions. La contribution d’organismes philanthropique doit atteindre 75 millions.

« Une fois investi et exploité, ce capital initial rapportera plus de 750 millions au cours des 20 prochaines années », a signalé la cheffe Marilyn Slett, présidente des Premières Nations côtières.

Cet argent permettra de protéger certaines espèces de baleines menacées, des coraux, des saumons et des oiseaux marins.

Le projet s’inspire du fonds Coast Funds mis sur pied en 2008 pour protéger la forêt pluviale de Great Bear sur la côte. Les fonds ont servi à créer 1250 emplois et 120 entreprises dans le domaine de la conservation, de l’écotourisme et de l’énergie renouvelable, selon son site web.

La signature de cette nouvelle entente fait suite à l’engagement pris par le premier ministre Trudeau lors de la 15conférence des Nations unies sur la biodiversité (COP15) à Montréal en 2022. Il avait promis de financer quatre initiatives de conservations dirigées par des Autochtones, jusqu’à la hauteur de 800 millions. Le FPP de la mer Great Bear est la première à se concrétiser.

Les autres sont la permanence du Qikiqtani, dans l’est du Nunavut, où les Inuit sont en voie de pouvoir gérer près d’un million de km⁠2 de terres et d’eaux ; la permanence des Territoires du Nord-Ouest qui permettrait de protéger 2,5 % des 30 % de territoire et d’aires marines que le Canada s’est engagé à protéger d’ici 2030 et la conservation des terres traditionnelles de la Nation Omushkego qui inclut les basses terres de la baie d’Hudson, en Ontario et au Nunavut ainsi qu’une importante partie de la forêt boréale.