Charbon de bois ou propane ? Chaque été, le débat est ravivé autour des flammes du barbecue. Versons un peu d’huile sur le feu en ajoutant un élément au débat gastronomique : le facteur environnemental.

À la suite de la parution, la semaine dernière, d’un article sur l’empreinte carbone de notre assiette, une lectrice s’interroge sur les modes de cuisson. « Barbecue au gaz, aux briquettes, fumoir avec granules ou feu de bois en camping : lequel est le moins polluant ? », demande Léonie Drolet.

Précisons d’abord que, contrairement à de nombreux pays d’Afrique où les fours alimentés au bois sont d’usage courant, les barbecues ont une incidence négligeable sur l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre canadiennes.

Pour réduire notre empreinte carbone individuelle, modérer nos transports aura plus d’impact que de renoncer aux barbecues. Et ce qu’on dépose sur le gril – viande rouge, volaille ou tofu – pèse aussi plus lourd dans la balance que le mode de cuisson choisi.

De manière générale, le barbecue au propane émet moins de carbone et relâche moins de particules fines dans l’air que celui qui est alimenté par du charbon de bois ou des briquettes. Il existe cependant peu de données comparatives fiables et les résultats dépendent de plusieurs facteurs, notamment la durée du préchauffage de l’appareil et la provenance du charbon de bois utilisé.

En 2009, Eric Johnson, consultant en environnement établi en Suisse, a comparé l’empreinte carbone d’une cuisson au propane avec celle du charbon de bois. La conclusion de son étude, publiée dans Environmental Impact Assessment Review : un barbecue au charbon de bois a une empreinte environ trois fois plus élevée si l’on tient compte des émissions lors de la cuisson, de la production du combustible, de son transport et de la fabrication de l’appareil. L’écart s’accentue si le charbon de bois ne provient pas d’une forêt renouvelable et qu’on utilise un combustible fossile pour l’allumer.

Lisez l’étude publiée dans Environmental Impact Assessment Review (en anglais)

Par ailleurs, bien que le charbon de bois soit un combustible naturel, issu d’un processus de carbonisation, il contient souvent des contaminants comme du métal, du plastique ou du charbon.

Mais il a le potentiel d’être carboneutre, contrairement au propane, une énergie fossile non renouvelable. « Si le charbon est issu d’une forêt pérenne, les émissions de CO2 au net devraient être plus faibles qu’avec le propane », avance, de façon prudente, Normand Mousseau, professeur de physique à l’Université de Montréal et directeur scientifique de l’Institut de l’énergie Trottier.

Or, pour que le charbon soit considéré comme carboneutre, les arbres qui remplacent ceux qui ont été coupés pour sa production doivent être en mesure de capter autant de CO2 que la quantité qui sera relâchée. Dans les faits, cet objectif est rarement atteint.

Cela vaut aussi pour le feu de camp évoqué par Mme Drolet. Mais, dans les deux scénarios, la combustion du bois émettra néanmoins des particules fines qui, en grande concentration, peuvent avoir des effets sur la qualité de l’air et la santé respiratoire.

Pour les irréductibles du charbon de bois, il est toutefois possible de choisir des produits ayant des répercussions environnementales réduites. Au Québec, des entreprises produisent du charbon avec du bois d’ici, notamment Feuille d’érable, Charbon de bois franc Basques et Xylo-Carbone.

Chez Feuille d’érable, dans la MRC de Portneuf, ce sont des morceaux de bois qui ne peuvent être transformés en bois d’œuvre ou en bois franc, donc déclassés par l’industrie forestière, qui sont utilisés. Le bois est issu de forêts certifiées (FSC) pour leur gestion responsable.

Avec les résidus, l’entreprise fabrique aussi des briquettes, prisées pour les cuissons lentes, à feu moins élevé. « On broie le résidu, on y ajoute de l’eau et un amidon de grade alimentaire qui agit comme liant, précise le directeur général de Feuille d’érable, Daniel Matte. Cet amidon coûte plus cher, mais n’est pas nocif pour la santé. » Il ajoute que les produits de l’entreprise ne contiennent aucun additif chimique. « On voit beaucoup dans le marché des briquettes qui contiennent du combustible. »

Des appareils plus efficaces

Autre élément qui rend difficiles les comparaisons : l’efficacité des appareils s’est améliorée au cours des dernières années, note Mike McNeice, directeur des affaires publiques de l’Association canadienne des foyers, terrasses et barbecues (HPBAC).

Dans une autre étude publiée en 2022, Eric Johnson met en lumière la variabilité des résultats entre différents barbecues au propane. Ainsi, l’empreinte d’un gril à gaz super efficace est inférieure de moitié à celle d’un gril classique, bien qu’il utilise exactement le même combustible, note l’étude.

Celle-ci se penche également sur une tendance récente du marché : celle des barbecues et fumoirs à granules de bois. Composés de résidus de bois, avec une empreinte de production modeste, ils sont plus écologiques que le charbon de bois et le propane, note l’étude. Mais leur prétention de carboneutralité est aussi critiquée par certains experts.

N’en déplaise aux puristes, sur le plan environnemental, au Québec, le meilleur choix est probablement le barbecue électrique. Prisés par les propriétaires de condos, ces appareils sont toutefois loin d’avoir gagné le cœur de tous les amoureux du barbecue.

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PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Francois Fillion, fondateur de l’organisme CRÉER

Chaque année, François Fillion et les bénévoles de l’organisme CRÉER démontent et récupèrent les matériaux d’environ 8000 sièges d’auto pour enfants dans leur atelier de Victoriaville. Un chiffre qu’ils souhaitent accroître en tentant de convaincre les grandes villes du Québec et leurs écocentres d’établir des points de collecte sur leur territoire. Seul centre au Québec à recycler les sièges d’auto usagés, CRÉER estime que des dizaines de milliers de sièges sont jetés chaque année dans la province.

Lisez l’article « Planète bleue, idées vertes : le réseau qui recycle les sièges d’auto » Consultez la liste des points de collecte

Feu vert

Communauto arrive à Terrebonne

PHOTO FOURNIE PAR LA VILLE DE TERREBONNE

Marco Viviani, vice-président, développement stratégique de Communauto, Mathieu Traversy, maire de Terrebonne, Marc-André Michaud, président de la Commission de la transition écologique et de l’environnement et conseiller municipal, et Catherine Beaulieu, directrice, développement et planification de la mobilité d’exo

Terrebonne devient la 9ville québécoise à accueillir le service d’autopartage Communauto. Trois voitures hybrides peuvent désormais être réservées par les citoyens dans le cadre de l’implantation de ce projet-pilote. Le service s’ajoute au projet-pilote de transport collectif d’exo à la demande, qui promet des trajets flexibles et plus directs, et à l’arrivée d’une trentaine de vélos BIXI dans la municipalité l’été dernier.

Matière à réflexion

L’avenir de la construction

De quoi sera fait l’avenir pour les matériaux de construction ? En 2050, les villes seront-elles des mines circulaires où les matériaux seront collectés et réutilisés ? C’est l’une des idées lancées dans le court métrage futuriste Les matérialistes, réalisé par Architecture sans frontières Québec, Dark Matter Labs et Les Interstices en partenariat avec Recyc-Québec. À la fois résultat d’un atelier participatif rassemblant des acteurs de l’industrie et appel à l’action collective, voilà une façon originale d’aborder la transition écologique.

Regardez le court métrage Les matérialistes
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