Le Grand Prix de Formule 1 de Montréal se doit « d’embarquer dans la voiture de la transition écologique », a soutenu vendredi la mairesse Valérie Plante, en invitant les organisateurs à dire clairement « ce qu’ils vont faire » pour réduire leur impact environnemental.

Publié le 17 juin
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« C’est une question assez complexe. J’ai envie de savoir ce que les organisateurs de la F1 vont faire pour embarquer dans le train, ou plutôt dans la voiture de la transition écologique. Pour moi, ce sont des questions qui sont très pertinentes », a indiqué Mme Plante lors d’une mêlée de presse vendredi matin.

Elle réagissait ainsi à la sortie de plusieurs groupes environnementaux, qui demandent carrément qu’on mette fin à ce genre d’évènement dans un contexte d’urgence climatique. Montréal, de son côté, n’entend pas remettre en question la tenue de cet évènement. La Ville a d’ailleurs un contrat pour tenir le Grand Prix de F1 au moins jusqu’en 2031.

Lundi, l’ancien batteur des Cowboys fringants, Dominique Lebeau, a lancé une pétition afin de mettre fin au Grand Prix de Formule 1 à Montréal. Appuyé par plusieurs groupes environnementaux, dont Mères au front, la Coalition climat Montréal, la Fondation Rivières, Environnement Jeunesse et l’Association québécoise des médecins pour l’environnement, il demande que l’évènement « n’ait plus lieu à Montréal, au Québec ou au Canada ».

D’un point de vue économique, le Grand Prix demeure une « excellente nouvelle » pour les commerçants qui sortent à peine d’une période pandémique « extrêmement difficile », a dit Valérie Plante. « Voir en ce moment cette manne de touristes et de gens de partout qui viennent au centre-ville pour profiter de Francos et du Grand Prix, c’est une excellente nouvelle », a-t-elle dit.

« Tous les secteurs » doivent s’interroger

Cela dit, la mairesse, connue pour ses engagements politiques en environnement, a tout de même réitéré que tous les évènements doivent maintenant s’adapter à de la crise climatique.

« Oui, là, on regarde la F1 avec raison, parce que c’est une course de voitures. Mais quand on parle de transition écologique, je pense que tous les secteurs doivent se poser des questions et montrer à la population en quoi leurs champs d’activités s’inscrivent dans cette transition. C’est ce qu’on doit exiger et demander à tous les organisateurs, dont le Grand Prix », a-t-elle jugé.

Jeudi, en réponse aux groupes qui souhaitent la fin du Grand Prix de Montréal, son grand patron François Dumontier avait indiqué que son équipe est consciente « qu’on a une job à faire ». « Et on l’a commencé, ce travail-là. Depuis 2014, on a des moteurs hybrides. Il y a peut-être eu un manque de communication là-dessus, mais on s’est donné comme objectif d’être carboneutre pour 2030. Ça ne se fait pas du jour au lendemain. Ce sont des étapes qu’on va passer. Des fois, ce sont de petits gestes, mais on est conscients de ça et on va travailler là-dessus », a-t-il promis.

Selon des chiffres dévoilés en 2019, l’ensemble du circuit de F1 relâche l’équivalent de 256 551 tonnes de gaz à effet de serre (GES) annuellement, l’équivalent d’environ 105 000 voitures ou encore 450 vols Montréal-Paris.

Avec Éric-Pierre Champagne