Québec a annoncé mercredi l’adoption d’une nouvelle loi pour encadrer la protection des milieux naturels. La nouvelle a été saluée par la Société pour la nature et les parcs du Québec (SNAP), qui y voit des progrès par rapport à l’ancienne législation.

Éric-Pierre Champagne Éric-Pierre Champagne
La Presse

Le projet de loi 46, qui venait modifier l’actuelle Loi sur la conservation du patrimoine naturel, a été adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale.

Selon le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, cette nouvelle loi permet à Québec d’élargir l’éventail des outils de protection afin d’accélérer le processus de création d’aires protégées.

Trois nouveaux statuts d’aire protégée sont ajoutés. « Ce qui permettra d’augmenter la proportion d’aires protégées au Québec et de protéger davantage de milieux naturels », estime le gouvernement de François Legault.

Un statut de réserve marine est créé, tout comme ceux d’aire protégée d’utilisation durable et d’aire protégée d’initiative autochtone. Ce dernier statut permettrait aux communautés autochtones de proposer des projets de conservation pour des territoires qui pourraient être désignés aires protégées.

Les communautés autochtones ont régulièrement critiqué le gouvernement du Québec par le passé, soutenant qu’elles n’étaient pas véritablement consultées dans le processus de création d’aires protégées.

La nouvelle législation « permettra notamment de compléter la protection de l’intégrité de l’île d’Anticosti », annonce également Québec.

« Le gouvernement du Québec dispose maintenant d’un éventail d’outils efficaces adaptés à la réalité d’aujourd’hui, pour accélérer la protection de nos milieux naturels », a affirmé le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques dans un communiqué de presse.

« Plusieurs gains », d'après la SNAP

Pour la SNAP, cette nouvelle loi permet de mettre en place un nouveau rapport de forces pour la protection de l’environnement. « Il y a plusieurs gains là-dedans, estime Alain Branchaud, biologiste et directeur de la SNAP. Le gouvernement s’engage maintenant à respecter les critères de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), c’est super important ! »

La loi permettra aussi au gouvernement de mettre en réserve des territoires afin d’en faire des aires protégées. Le gouvernement pourrait ainsi agir en amont. Il indique ses intentions dès le départ. Pour Alain Branchaud, cette disposition est comme un « claim nature », à l’image des claims miniers.

La « loi annonce aussi la venue de nouveaux règlements » afin de mettre en application les objectifs législatifs, estime le directeur de la SNAP.

La création d’éventuelles aires protégées d’utilisation durable soulève cependant des questions. L’organisation environnementale s’inquiète du fait que la loi ne précise pas les activités interdites dans ces aires, alors que c’est le cas pour les autres catégories.

Finalement, bien que cette nouvelle législation puisse aider également à la protection de milieux naturels dans le sud du Québec, la SNAP juge qu’il faudra des outils supplémentaires pour mieux protéger notamment les différentes espèces en péril.

Rappelons qu’en décembre dernier, le gouvernement du Québec a annoncé avoir atteint son objectif de protéger 17 % de son territoire, comme le prévoyaient ses engagements internationaux. L’objectif dans les prochaines années serait d’atteindre 30 % d’aires protégées.

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