On ne l’aurait pas cru en voyant tomber les flocons le 8 mai dernier, mais le Canada reçoit moins de neige qu’auparavant.

Bob Weber
La Presse canadienne

C’est la conclusion d’une étude menée sur 15 ans par des scientifiques d’Environnement Canada, qui viennent de publier l’estimation la plus précise à ce jour des chutes de neige dans le monde.

On pourrait croire qu’une telle étude est plutôt facile à concevoir, qu’il ne suffit de planter une longue règle dans le sol et d’attendre les précipitations, mais c’est bien plus compliqué assure le coauteur de la recherche publiée mercredi dans la revue Nature, Chris Derksen.

Contrairement à la pluie, l’épaisseur du couvert de neige peut varier grandement d’un endroit à l’autre même sur une distance d’à peine quelques mètres en raison du vent par exemple. De plus, il existe plusieurs types de neige parfois lourdement chargée en eau et parfois légère et sèche comme une fine poudre.

Autres défis, le réseau d’observation des chutes de neige est peu étoffé à travers le monde, note M. Derksen, et l’estimation du couvert de neige par images satellites n’a rien de simple, voilà ce qui explique les 15 ans de travail derrière ce projet.

En collaboration avec des collègues de Finlande, les chercheurs du gouvernement fédéral ont combiné des données satellites et des mesures prises au sol.

En moyenne, la Terre recevrait environ 3 milliards de tonnes de neige par année. Ce nombre n’est cependant pas fixe, du moins pas en Amérique du Nord. Si les mesures semblent stables en Europe et en Asie, elles diminuent au Canada et aux États-Unis.

Les chercheurs concluent que depuis 1980, les chutes de neige au Canada et dans le nord des États-Unis ont diminué à un rythme de 46 gigatonnes par décennie. C’est beaucoup de neige – assez pour remplir, une fois fondue, 18,4 millions de piscines olympiques.

L’effet serait davantage observé sur la côte est alors que certains secteurs à l’ouest de l’Amérique du Nord auraient enregistré des hausses de chutes de neige.

Selon Chris Derksen, coauteur de l’étude, cette baisse est surtout attribuable au changement climatique, qui raccourcit la saison des chutes de neige. Une grande partie de ce qui tombait autrefois sous forme de neige tombe maintenant en pluie.

Or, ce changement fait une grande différence pour ceux qui gèrent les risques d’inondation ou l’approvisionnement en eau potable, rappelle le chercheur.