(Montréal) Des conteneurs de matières recyclables provenant du centre de tri de la Régie de récupération de l’Estrie ont été retournés à l’expéditeur, il y a un peu plus de deux semaines, en raison de la contamination de leur contenu.

Jean-Thomas Léveillé Jean-Thomas Léveillé
La Presse

Six conteneurs, qui transportaient du papier mixte en direction de l’Inde, sont ainsi revenus au port de Montréal le 24 janvier dernier après avoir été interceptés en Belgique.

« Oui, c’est nous », a confirmé à La Presse la directrice générale de l’organisation, Taraneh Sépahsalari.

« La raison qu’on nous a donnée, c’est qu’on avait plus que 5 % de contamination », essentiellement par des matières plastiques, a expliqué Mme Sépahsalari.

Le courtier qui a acheté ce papier pour le revendre à l’étranger était pleinement au courant de son taux de contamination, assure-t-elle.

Ces six conteneurs s’ajoutent aux 19 autres provenant des centres de tri de Tricentris de Terrebonne et de Gatineau, dont La Presse révélait le renvoi récent, mardi.

Matières retriées et renvoyées

La Régie de récupération de l’Estrie a accepté de reprendre ces six conteneurs de papier, pour « accommoder » le courtier.

« On a défait les ballots et on a retrié ça avec la collecte régulière qui entre dans le centre de tri », a expliqué Mme Sépahsalari.

Les matières, ayant maintenant un taux de contamination plus faible, ont été remises en ballots et seront réexpédiées à l’étranger, a-t-elle précisé.

Ce retour de matières constitue une première dans l’histoire de l’organisme, assure sa directrice générale, qui dit ne pas avoir été mise à l’amende par Environnement et Changement climatique Canada.

Joint par La Presse, le ministère a dit s’affairer à recueillir « de l’information sur ces dossiers » et n’avoir « aucune autre information à fournir pour le moment », a déclaré une porte-parole, Gabrielle Lamontagne.

Modernisation

La Régie de récupération de l’Estrie, communément appelée Récup Estrie, est une corporation municipale appartenant à la Ville de Sherbrooke et aux municipalités régionales de comté (MRC) du Val-Saint-François, du Haut-Saint-François, de Memphrémagog, de Coaticook et des Sources.

Son centre de tri, situé à Sherbrooke, reçoit ainsi les matières recyclables produites par plus de 200 000 personnes.

Les installations, construites en 1995, ont été modernisées en 2015.

Récup Estrie prépare l’installation d’équipements de tri optique pour le papier, ce qui devrait lui permettre de diminuer la contamination par d’autres matières à moins de 5 % et ainsi faciliter sa vente sur le « marché interne », a indiqué Taraneh Sépahsalari.

La nouvelle de ce renvoi de matières recyclables survient le jour même de l’annonce par le gouvernement Legault de la réforme du système québécois de la collecte sélective.

La réforme de Québec, qui coûtera 30,5 millions de dollars et sera pleinement opérationnelle en 2025, mise sur la responsabilité élargie des producteurs.

Les entreprises qui mettent sur le marché les matières qui aboutissent dans les centres de tri « deviendront responsables de leurs produits du début à la fin du cycle de vie », a confirmé mardi matin le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les Changements climatiques, Benoit Charette.