Le nouveau centre de tri de Montréal n’a toujours pas atteint le volume visé de matières triées, près de trois mois après son ouverture, un délai plus long que ne l’avait prévu l’administration Plante.

Jean-Thomas Léveillé Jean-Thomas Léveillé
La Presse

L’infrastructure située dans l’arrondissement de Lachine a reçu et trié 10 974 tonnes entre le début de novembre et le 15 janvier, selon les plus récentes données disponibles fournies à La Presse par la Ville de Montréal.

Cela correspond aux deux tiers des tonnages prévus en décembre et aux trois quarts des tonnages prévus en janvier, indique la Ville.

Le reste a donc été trié à l’autre centre de tri de Montréal, celui du complexe environnemental Saint-Michel.

« La période de rodage est un peu plus longue que prévu », a confié à La Presse le responsable des services aux citoyens et de l’environnement au comité exécutif de la Ville, Jean-François Parenteau, qui prévoit qu’elle s’étirera jusqu’en mai.

Il se dit toutefois « très satisfait » du fonctionnement du centre de tri. « On augmente la cadence de façon continue », dit-il.

Non seulement la Ville « monitore et ajuste » ses nouveaux équipements de tri, mais il s’agit également d’une période de formations pour les employés.

« C’est plus automatisé » à Lachine qu’à Saint-Michel, explique Jean-François Parenteau. « On est dans le calibrage. »

Les deux endroits sont gérés par des filiales de la multinationale TIRU, qui s’est placée cette semaine à l’abri des créanciers, une situation qui n’a pas ralenti le rodage du centre de tri de Lachine, assure Jean-François Parenteau.

« L’entreprise avait de très bons employés », assure-t-il, et ils apprécient d’ailleurs les conditions de travail améliorées de l’établissement de Lachine.

À ce sujet, Jean-François Parenteau affirme qu’« il y a plus qu’un joueur qui veut reprendre les opérations » que TIRU s’apprête à abandonner et que le processus de transition va bon train.

La Ville de Montréal prévoit que le centre de tri de Lachine recevra 92 000 tonnes de matières recyclables en 2020, sur les 160 000 générées par les ménages de l’île.

Meilleure qualité

Même si les installations de Lachine n’ont pas encore atteint leur vitesse de croisière, elles permettent déjà un meilleur tri que celles du complexe environnemental Saint-Michel, affirme la Ville, en se basant sur des carottages effectués dans les ballots de matières.

« C’est deux mondes, lance Jean-François Parenteau. On voit déjà une différence, bien qu’on ne soit pas encore optimisés. »

La Ville rapporte en outre que le taux de rejet avoisine les 8 % au centre de tri de Lachine ; c’est mieux que la moyenne québécoise, qui était de 11,4 % en 2018, selon le plus récent bilan de Recyc-Québec.

Chose certaine, « il n’y a rien [de ce qui est recyclable] qui va à l’enfouissement », assure Jean-François Parenteau, qui affirme que toutes les matières trouvent preneur au Québec, à l’exception du papier mixte et du papier journal.

Des discussions avec des papetières québécoises sont toutefois en cours pour faire des ajustements qui rendraient le papier intéressant pour elles.

Le centre de tri de Lachine a par ailleurs reçu l’équipement d’Éco Entreprises Québec, permettant de retirer les impuretés du verre, et prévoit l’installer sous peu, ce qui devrait se traduire par une nouvelle amélioration des performances de l’établissement.