(Paris) Des hydrocarbures gazeux s’échappent naturellement de la mer Rouge, causant une pollution équivalente à celle de pays producteurs de la région comme les Émirats arabes unis et le Koweït.

Agence France-Presse

C’est ce qu’affirme une étude publiée mardi dans Nature Communications.

Le Moyen-Orient détient plus de la moitié des réserves mondiales de pétrole et de gaz et la production de ces énergies fossiles dégage des polluants gazeux, mais durant une campagne de recherches en 2017 des chercheurs de l’institut allemand Max Planck ont relevé des niveaux d’éthane et de propane dans l’atmosphère au nord de la mer Rouge jusqu’à 40 fois supérieurs aux niveaux attendus, même en prenant en compte les émissions de l’industrie extractive.

Émissions naturelles, empirées par l’activité humaine

Après avoir analysé les sources possibles de ces émissions, les chercheurs ont conclu qu’elles ne pouvaient provenir que des fonds marins, les gaz s’échappant naturellement de gisements souterrains d’hydrocarbures.

Ramenés à la surface par les courants marins, ils s’y mélangent à un autre gaz à effet de serre, le protoxyde d’azote, émis par les moteurs des navires marchands, particulièrement nombreux au débouché du canal de Suez.

Au total, les chercheurs ont estimé que ces émissions sous-marines sont « comparables » en quantité à celles de pays producteurs d’hydrocarbures de la région, comme les Émirats arabes unis ou le Koweït.

« J’ai moi-même été surpris par ces résultats. Nous avons travaillé presque deux ans sur ces données pour prouver que ces émissions avaient leur origine deux kilomètres sous le niveau de la mer », a déclaré à l’AFP Efstratios Boursoukidis, auteur principal de l’étude.  

Très nocifs pour la santé

Les mélanges gazeux observés sont par ailleurs particulièrement nocifs pour la santé humaine selon les chercheurs et la situation risque d’être aggravée par l’augmentation prévisible du trafic maritime sur cette route particulièrement fréquentée, car permettant d’éviter le contournement du continent africain.

« Nous nous attendons à ce que cette hausse (du trafic) amplifie le rôle de cette source d’émissions, causant une détérioration significative de la qualité de l’air dans la région », souligne M. Boursoukidis.