L’administration Plante envisage de confier à moyen terme les opérations de ses deux centres de tri de matières recyclables à des cols bleus plutôt qu’à un gestionnaire externe.

Jean-Thomas Léveillé Jean-Thomas Léveillé
La Presse

« C’est clairement un modèle qui nous intéresse », a déclaré la mairesse Valérie Plante lors d’un point de presse à l’hôtel de ville, lundi, dans la foulée de l’annonce de l’entreprise française TIRU de son intention de mettre fin à ses activités au Québec.

Les cols bleus ne pourraient toutefois pas être une solution à court terme, précise la mairesse : « Si, demain matin, Tiru n’était plus dans les installations, on ne serait pas capable de [mettre en place] des opérations entièrement [gérées par la] Ville. »

Valérie Plante a cependant réitéré que la collecte et le tri des matières recyclables seront maintenus quoi qu’il advienne, affirmant que « plusieurs » opérateurs sont prêts à prendre la relève de TIRU.

Il reste cependant à déterminer qui assumera les coûts de la « transition » qu’impose la fin imminente des activités de TIRU, pour laquelle aucune date précise n’a filtré.

« C’est impossible que ce soit nous qui devions assumer des coûts supplémentaires », a répété lundi la mairesse Plante, appelant le gouvernement du Québec à « prendre ses responsabilités » pour aider les « villes qui sont aux prises avec TIRU ».

Vendredi, une rencontre d’urgence a justement réuni des représentants de ces municipalités, de TIRU, de Recyc-Québec et du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Les discussions se poursuivent, assure la Ville de Montréal, bien qu’aucune autre rencontre ne soit prévue.

Le Groupe Tiru est une filiale de la multinationale française Électricité de France (EDF), détenue principalement par l’État français, et mène ses activités au Québec par l’entremise des entreprises Rebuts Solides Canadiens et La Compagnie de recyclage de papiers MD, dont il est le principal actionnaire.

« Occasion incroyable »

La mairesse Valérie Plante souligne que la crise qui secoue le système de récupération des matières recyclables est une « occasion incroyable » de repenser nos façons de faire.

Il est impératif de « réduire à la source », dit-elle, appelant les « Transcontinental, Kruger, Cascades » et autres fabricants d’emballages à mettre l’épaule à la roue.

Il est également nécessaire de « transformer nos matières ici même, au Québec, au pays ou en tout cas en Amérique du Nord », fait-elle valoir.

« Le temps où on envoyait notre recyclage en Asie et il disparaissait comme par magie est fini », constate la mairesse.