Fabriquer des savons et concocter du liquide à vaisselle et autres produits ménagers, en échange d’un séjour gratuit à Val-David, dans un cadre enchanteur. C’est l’idée d’une entrepreneure de la région, soucieuse des dommages environnementaux causés par l’industrie hôtelière.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Les hôtels sont des endroits qui incitent à consommer et à gaspiller en grande quantité », souligne d’emblée Anne-Marie Blouin, propriétaire du Village Suisse. Le tourisme fait ainsi grimper notre empreinte écologique. Et souvent, les seules mesures proposées par la plupart des lieux d’hébergement se limitent à réutiliser les serviettes et changer les draps moins souvent.

Préoccupée par l’impact de son entreprise sur l’environnement, Anne-Marie Blouin a amorcé un virage vert pour la dizaine de chalets qu’elle loue au cœur de Val-David. Elle a commencé par réduire le plastique et offrir aux visiteurs hébergés un service de compost. En novembre dernier, elle a décidé de concevoir elle-même les produits ménagers utilisés par le personnel et les occupants des dix chalets d’époque situés en bordure du lac La Sapinière, au pied du mont Condor.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Anne-Marie Blouin, propriétaire du Village Suisse

Je voulais qu’on fabrique nos produits pour en connaître les composantes, qui s’en vont dans les cours d’eau. J’avais aussi comme objectif d’éliminer les contenants en plastique.

Anne-Marie Blouin, propriétaire du Village Suisse

Les produits offerts au Village Suisse sont stockés dans des bocaux de verre faciles à remplir.

Elle a « joué à la chimiste », raconte-t-elle à la blague. Il lui a fallu des mois pour tester des recettes efficaces, qui auraient un minimum d’effets néfastes sur l’environnement.

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Anne-Marie Blouin, propriétaire du Village Suisse, conçoit elle-même les produits ménagers utilisés par le personnel et les occupants de ses dix chalets d’époque à Val-David.

Échange gagnant-gagnant

Pour marquer le coup, elle a offert à une cinquantaine de personnes l’occasion de fabriquer les produits d’entretien du complexe touristique, en échange d’une fin de semaine gratuite au Village Suisse.

Recrutés parmi les membres du groupe Facebook du site web des Trappeuses, voué au mode de vie écoresponsable, les volontaires se sont chargés de confectionner les produits ménagers entre le 22 et 24 novembre dernier.

« Les visiteurs ont profité d’un week-end sans frais, logés dans les chalets. Les ingrédients et les instructions étaient fournis », raconte Mme Blouin.

C’était une manière pour moi de faire la promotion d’un mode de vie plus vert, tout en alignant mon entreprise avec mes préoccupations écologiques.

Anne-Marie Blouin

Le temps d’un week-end, 50 personnes de partout au Québec ont mis la main à la pâte. Le résultat ? Environ 80 kilos de détergent à lessive, 50 litres de liquide à vaisselle et de nettoyant tout-usage et à peu près 400 savons. De quoi suffire pour une année entière.

PHOTO FOURNIE PAR LE VILLAGE SUISSE

Savons fabriqués au Village Suisse

« C’était un week-end extraordinaire. On a pu profiter de la nature et affiner nos connaissances en matière de produits naturels », lance Julie Roussin. Elle et quatre de ses amies ont participé à l’élaboration du savon à lessive. Mme Roussin s’est récemment initiée à un mode de vie écoresponsable. « J’ai recruté des gens dans mon cercle d’amies qui n’étaient pas encore convertis à ce genre de pratiques. Ça les a convaincus de fabriquer certains produits à la maison », assure-t-elle.

Expérience à répéter

Heureuse d’encourager une gestionnaire d’entreprise consciente de ses choix et allant à contre-courant d’une industrie mercantile, Julie Roussin salue ce genre d’initiatives. « Les tonnes d’échantillons distribués dans les hôtels comportent peu d’ingrédients naturels et génèrent beaucoup de plastique. »

Le projet a connu un franc succès et sera réitéré l’an prochain. Anne-Marie Blouin souhaite aller plus loin et offrir des shampoings et crèmes pour le corps faits maison à sa clientèle.

« Je me suis privée d’un revenu en organisant ce week-end, dit Mme Blouin, mais je le vois comme une économie de déchets et de produit chimiques. »

Sur l’écran radar

Laval fait la place aux bornes de recharge

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Les projets de construction d’immeubles de plus de cinq logements doivent désormais prévoir l’installation de bornes de recharge pour véhicules électriques, à Laval.

Les projets de construction d’immeubles de plus de cinq logements doivent désormais prévoir l’installation de bornes de recharge pour véhicules électriques, à Laval. Le conseil municipal a adopté mardi un règlement rendant obligatoires les installations électriques pour au moins 25 % des stationnements dans les immeubles de 5 à 49 logements et au moins 20 % des stationnements dans les immeubles de 50 logements et plus. Le règlement oblige par ailleurs l’installation d’au moins deux bornes de recharge pour les immeubles de 50 logements et plus. Le conseil a également modifié le règlement de zonage pour « autoriser dans toutes les cours, pour tous les usages, les bornes de recharge pour véhicule électrique ». Laval est ainsi « une pionnière » en la matière, estime l’Union des municipalités du Québec.

— Jean-Thomas Léveillé, La Presse

Canada : révolution dans le recyclage des pneus ?

PHOTO SIMON GIROUX, ARCHIVES LA PRESSE

Des scientifiques de Hamilton soutiennent qu’ils ont trouvé un moyen de dissoudre le caoutchouc utilisé dans les pneus, ce qui pourrait éventuellement permettre d’éviter de les envoyer au dépotoir.

Des scientifiques de Hamilton soutiennent qu’ils ont trouvé un moyen de dissoudre le caoutchouc utilisé dans les pneus, ce qui pourrait éventuellement permettre d’éviter d’envoyer au dépotoir ces pièces automobiles à usage pour ainsi dire unique. Dans une étude publiée lundi dernier, des chercheurs de l’Université McMaster, en Ontario, affirment que leur méthode pourrait réduire les risques pour l’environnement et la santé publique liés aux montagnes de pneus usés. Les chercheurs expliquent que les propriétés qui rendent les pneus durables sur la route les rendent du même coup difficiles à décomposer et à recycler, de sorte que la plupart finissent au dépotoir ou dans des entrepôts, ce qui entraîne éventuellement un écoulement de contaminants dans l’environnement. L’équipe travaillait à l’origine avec des produits chimiques pour fabriquer de nouveaux silicones lorsqu’elle a eu l’idée de les essayer sur le caoutchouc des pneus : les chercheurs ont découvert alors que le procédé réussissait à briser les liaisons entre les atomes de soufre dans le caoutchouc. Le procédé n’est toutefois pas encore prêt pour une utilisation commerciale – les chercheurs indiquent qu’il est trop tôt pour dire quand il pourrait l’être.

— La Presse canadienne

Malaisie : une péniche contre l’invasion du plastique dans les océans

PHOTO MOHD RASFAN, AGENCE FRANCE-PRESSE

Ce bateau de 24 mètres est équipé d’une barrière courbée pour piéger les déchets flottants emportés par les cours d’eau.

Une grande péniche équipée d’une barrière courbée récupère des déchets à l’embouchure d’un fleuve malaisien pour les empêcher de se disperser dans la mer. The Interceptor est une nouvelle arme contre l’invasion du plastique dans les océans. Quelque 8 millions de tonnes de plastique sont déversées dans les océans chaque année, selon l’ONG américaine Ocean Conservancy. Ces déchets menacent quantité d’espèces marines et polluent de nombreux sites. Un problème particulièrement aigu en Asie du Sud-Est. Face à cette marée de plastique, l’ONG néerlandaise The Ocean Cleanup a mis au point une solution inédite avec son Interceptor, un bateau de 24 mètres qui est équipé d’une barrière courbée pour piéger les déchets flottants emportés par les cours d’eau. L’Interceptor, qui fonctionne à l’énergie solaire et est entièrement autonome, peut enlever jusqu’à 50 tonnes de déchets par jour, selon ses concepteurs. En octobre, l’un de ces engins a été placé sur le Klang, un fleuve très pollué qui traverse la capitale malaisienne Kuala Lumpur. Les eaux du Klang charrient à elles seules plus de 15 000 tonnes de plastique chaque année dans la mer, selon l’ONG. 

— Agence France-Presse

Chine : pollution de l’air en baisse, mais ozone en hausse

PHOTO FRED DUFOUR, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Pékin connaît d’importants problèmes de qualité de l’air.

La Chine a enregistré une baisse « impressionnante » de la pollution de l’air par certains polluants, mais le niveau d’ozone constitue un nouveau défi, pointe une étude publiée jeudi. Le niveau moyen des particules très fines PM2,5 (dangereuses, car elles pénètrent profondément dans les poumons) a chuté de 27 % entre 2015 et 2019, selon l’organisme Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA), basé en Finlande. La tendance est encore plus marquée pour le dioxyde de soufre, irritant pour les voies respiratoires, dont le niveau moyen a chuté de 55 % sur la même période, un « progrès très impressionnant », note le CREA. Mais le tableau n’est pas complètement idyllique, car les niveaux d’ozone ont augmenté de 11 % entre 2015 et 2019, souligne l’étude. Ce gaz peut entraîner des crises d’asthme et des baisses des fonctions cérébrales. Les progrès ont été obtenus principalement grâce à des mesures « de bout de chaîne », en filtrant les polluants avant qu’ils n’entrent dans l’atmosphère, souligne Lauri Myllyvirta, analyste du CREA et auteur de l’étude.

— Agence France-Presse