(Ottawa) Plus d’un an après s’être engagé à planter deux milliards d’arbres au Canada, le gouvernement Trudeau dévoile son plan sylvicole. Un projet décennal à 3,16 milliards de dollars grâce auquel Ottawa prévoit créer jusqu’à 4300 emplois verts.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

L’initiative, qui nécessite des discussions avec divers ordres de gouvernement, avec des représentants des communautés autochtones et l’industrie forestière, devrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 12 mégatonnes d’ici 2050, prévoit Ottawa.

Les premiers arbres plantés dans le cadre du plan fédéral doivent être mis en terre au printemps prochain, a annoncé lundi dans une pépinière de Terre-Neuve-et-Labrador le ministre des Ressources naturelles, Seamus O’Regan.

La mesure constitue un élément clé des efforts déployés par le Canada pour atteindre la carboneutralité d’ici 2050, et elle est l’une des planches de la plateforme climatique qui a été dévoilée la semaine dernière par le gouvernement Trudeau.

Les libéraux ont essuyé cet automne les critiques de l’opposition pour leur lenteur à remplir cet engagement formulé pendant la campagne électorale de 2019. Mais cette fois, c’est la bonne, a fait valoir le ministre O’Regan.

Il a par ailleurs plaidé que la pandémie de la COVID-19 a mis des bâtons dans les roues du gouvernement.

« Nous devions nous assurer que les planteurs d’arbres soient en sécurité. C’est certain que physiquement, ils sont à distance, parfois à des kilomètres les uns des autres, mais ces gens doivent se déplacer et se loger une fois sur place », a-t-il exposé.

Mais le gouvernement a confiance d’être en mesure d’assurer la sécurité des participants lorsque le printemps 2021 arrivera. « Nous sommes prêts à redevenir ambitieux. Donc ceci est un engagement ferme : nous allons planter deux milliards d’arbres au cours des 10 prochaines années », a déclaré le Terre-Neuvien.

Ce sont les arbres urbains qui viendront en premier plutôt que ceux dans les régions rurales, et une fois que le coup d’envoi aura été donné, le processus suivra « une courbe exponentielle » au fil des ans, calcule le ministre O’Regan.

Car planter un arbre peut paraître simple, mais pour le faire à grande échelle, de façon durable et inclusive, il faut une planification rigoureuse. Et penser que cela se fait en criant ciseaux équivaut à croire que « le lait est fabriqué en épicerie », a-t-il argué.

Grâce à cette démarche, le nombre d’arbres plantés au Canada devrait augmenter de 40 % annuellement. Les deux milliards d’arbres supplémentaires couvriront plus de 1,1 million d’hectares, une superficie deux fois supérieure à celle de l’Île-du-Prince-Édouard, estime le gouvernement.

Le retour de la promesse a été bien reçu du côté de Nature Canada. « S’il est bien exécuté, le programme jouera un rôle important pour aider le Canada à respecter ses engagements en ce qui a trait à la lutte contre les changements climatiques et à la protection de la nature », a déclaré son directeur général Graham Saul.

Le gouvernement Trudeau a dévoilé la semaine dernière un plan climatique d’une valeur de 15 milliards en promettant de nouvelles cibles de réduction de gaz à effet de serre et en annonçant son intention de hausser la taxe sur le carbone de 15 $ la tonne chaque année à compter de 2023, pour atteindre 170 $ en 2030.