Une centaine de manifestants et quelques groupes militants écologistes déplorent que la cause environnementale demeure dans l’ombre de la crise sanitaire. Ils se sont rassemblés au centre-ville de Montréal samedi après-midi pour que l’urgence climatique ne tombe pas dans l’oubli.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

« Nous le réclamons pour nos enfants », a déclaré Ève Landry de l'organisme Mères au front devant une soixantaine de personnes déjà réunies à la Place du Canada. La marche a débuté vers 13 h au rythme des tambours. Une centaine de manifestants se sont joints au groupe qui longeait toujours le boulevard René-Lévesque en milieu d'après-midi.

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« La crise climatique c’est urgent. J’ai l’impression qu’avec la pandémie, on a mis ça sur pause aussi », explique Mistral Lindsay. Elle et sa copine Juliette Fortin sont déçues du plan vert présenté par le gouvernement caquiste plus tôt cette semaine.

Elles ne sont pas les seules. « C’est insuffisant. Même si toutes les voitures sont électriques, on roulera vers un cul-de-sac. Il faut agir maintenant », explique Louise Bergeron, travailleuse communautaire. Elle considère que la pandémie est une crise environnementale très grave et que d’autres sont à venir si les efforts de Québec et d’Ottawa ne vont pas plus loin.

Même son de cloche du côté d’Irène Cloutier. Le plan aurait dû aller plus loin. « La taxation devrait être plus importante. Il faut penser à l'écofiscalité. C’est une source d’inquiétude pour moi qu’on parle moins d’environnement depuis quelques mois, mais j’ai confiance que cet élan va reprendre. Les gens ont repris contact avec la nature pendant leur confinement », estime-t-elle.

Rappelons que le gouvernement Legault compte investir 6,7 milliards de dollars en cinq ans, dont plus de la moitié dans l’électrification des transports, pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Cette somme ne permettra d’atteindre que la moitié de l’objectif, a admis le premier ministre.

Le plan vert ne comporte pas de nouvelles taxes, ni de mesures contraignantes, mais mise plutôt sur les incitatifs.

Le Plan pour une économie verte 2030 (PEV) consacrera 3,6 milliards au secteur des transports, responsable de 43 % des émissions de GES du Québec, sur une enveloppe totale de 6,7 milliards de dollars.