(Ottawa) Les optimistes qui croient en la possibilité de réconcilier croissance économique et lutte aux changements climatiques ne font pas preuve de naïveté, mais l’ampleur de la tâche est à ne pas sous-estimer, soutient un organisme de recherche pancanadien.

La Presse Canadienne

Dans un nouveau rapport publié jeudi, l’Institut canadien pour des choix climatiques souligne à quel point la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la prospérité et le bien-être des citoyens sont en fait interreliés.

Le document définit 11 indicateurs afin d’aiguiller l’élaboration de politiques qui ratissent plus large, avec des objectifs à la fois économiques, sociaux et climatiques, capables de se renforcer les uns les autres.

La façon de mesurer les progrès réalisés doit également être élargie pour tenir compte de cette interdépendance, plaide-t-on.

Pour ce faire, le rapport relève toutefois un manque de données précises et standardisées, notamment en ce qui a trait à la corrélation entre les émissions des GES et le PIB ou encore l’emploi, par exemple.

À l’heure où le pays planifie sa relance post-pandémie, l’Institut exhorte les différents ordres de gouvernement à intensifier leurs efforts pour découpler l’économie des secteurs plus polluants et à se tourner vers les technologies propres, encore trop absentes en transport urbain.

« Les investissements dans les infrastructures permanentes qui ne sont pas sobres en carbone ou résilientes auront des conséquences à long terme », prévient-on.

Le Canada s’est donné pour objectif d’atteindre la carboneutralité d’ici 2050, mais ses progrès ont été « peu marqués ou inégaux », avec les économies de plusieurs provinces qui demeurent étroitement liées aux émissions de GES.

Même si une « croissance propre » est possible, une collaboration considérable s’impose, relève-t-on, en recommandant aux gouvernements de se doter d’orientations communes claires et de structures de gouvernance horizontales officielles.

L’Institut canadien pour des choix climatiques a été fondé plus tôt cette année avec le soutien d’Environnement et Changement climatique Canada. Il a pour mandat de mener des études et analyses de manière indépendante pour éclairer les décideurs avec la collaboration de spécialistes issus de partout à travers le pays.