Avant la pandémie, Carly Ziter avait commencé un projet de recensement des arbres de Notre-Dame-de-Grâce. La COVID-19 a chamboulé ses plans… et c’est tant mieux. La biologiste de l’Université Concordia a créé de toutes pièces un projet de science citoyenne idéal pour le confinement.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Nous cherchons des chercheurs-citoyens qui vont faire l’inventaire des arbres sur leur terrain, dit Mme Ziter. Nous pensons qu’impliquer la communauté de cette manière va améliorer la connexion avec la nature et l’intérêt pour une ville verte. On est plus susceptible de protéger une ressource qu’on comprend. Peut-être y aura-t-il plus de gens qui planteront des arbres ? »

L’équipe de Concordia a commencé à faire la promotion du « Projet arbres NDG » sur les réseaux sociaux et en approchant des groupes communautaires. « Nous avons aussi contacté les associations de parents, dit Mme Ziter. C’est une excellente activité éducative en ces temps d’école à la maison. » Du matériel écrit et vidéo sur le site du projet permet de mieux comprendre les enjeux de l’écologie des arbres urbains et les méthodes de recherche.

PHOTO FOURNIE PAR CARLY ZITER

L’étudiante à la maîtrise Kayleigh Hutt-Taylor travaille sur le projet avec Carly Ziter.

Si les participants ne peuvent ou ne veulent pas identifier les espèces d’arbres sur leur terrain, ils peuvent simplement envoyer des photos ou des vidéos à l’équipe de Concordia. Il leur suffit de mesurer avec une ficelle la circonférence de l’arbre. L’équipe espère avoir quelques centaines de participants.

Le projet, qui implique des étudiantes au bac et à la maîtrise, devait au départ être fait en porte-à-porte dans un rayon de 2 km autour du campus Loyola de Concordia, à la limite ouest de NDG.

Finalement, le confinement va nous aider à élargir le recensement des arbres urbains en terrain privé. L’été prochain, nous devrions pouvoir ajouter d’autres quartiers.

Carly Ziter, professeure adjointe en biologie à l’Université Concordia

Une équipe de l’UQAM a fait une étude des arbres urbains du Plateau Mont-Royal avec des données satellites, et il existe un catalogue des arbres sur les terrains publics.

Mme Ziter s’attend-elle à trouver des espèces différentes dans un quartier verdoyant de banlieue par rapport au cœur de la ville ? « C’est sûr qu’il y a des différences entre quartiers, parfois des différences culturelles aussi, des communautés différentes. » Y a-t-il des différences entre francophones et anglophones ? « Je ne m’attends pas à ça, honnêtement. »

PHOTO FOURNIE PAR CARLY ZITER

L’étudiante au bac Maya Catterall travaille sur le projet avec Carly Ziter.

Les différences entre les terrains privés et publics seront très utiles pour comprendre les interactions entre les différentes parties de la « courtepointe » végétale urbaine. « Y a-t-il plus ou moins d’espèces indigènes sur les terrains privés, par exemple ? », demande Mme Ziter.

Comment se portent les arbres des villes ?

Dans une étude menée en 2019, des chercheurs du Massachusetts avaient compilé certaines données intéressantes :
• 0,78 cm/an : taux de croissance des arbres à Boston (circonférence)
• 0,21 cm/an : taux de croissance des arbres dans les forêts rurales du Massachusetts (circonférence)
• 3 % : taux de mortalité des arbres à Boston
• 1,4 % : taux de mortalité des arbres dans les forêts rurales du Massachusetts
Source : PLOS One

Consultez le site du Projet arbres NDG