La Fonderie Horne a annoncé un investissement de 180 millions de dollars, partie intégrante de son plan d’action pour réduire l’exposition des citoyens du quartier Notre-Dame de Rouyn-Noranda à l’arsenic. Les mesures proposées par l’usine ne font toutefois pas l’unanimité parmi un regroupement de citoyens touchés par la situation.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

La Fonderie Horne a déposé dimanche un plan d’action visant à réduire l’exposition à l’arsenic des résidants de Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue.

L’automne dernier, le gouvernement Legault avait exigé de la fonderie la mise en place de mesures visant à réduire l’exposition à l’arsenic des résidants du quartier Notre-Dame, à la suite d’un rapport de la Direction de santé publique de l’Abitibi-Témiscamingue.

Le quartier Notre-Dame est situé à une centaine de mètres des installations de la Fonderie Horne, qui appartient à Glencore Canada. L’usine produit chaque année 210 000 tonnes de cuivre et de métaux précieux.

L’exposition à l’arsenic des enfants du quartier âgés entre 9 mois et moins de 6 ans est 3,7 fois supérieure à celle d’une population comparable dans la ville d’Amos. C’est ce qu’a révélé une étude réalisée en 2018 par la Direction de santé publique locale.

Le ministère de l’Environnement permet à la Fonderie Horne de produire jusqu’à 67 fois plus d’arsenic dans l’air que la norme provinciale.

Le Comité arrêt des rejets et émissions toxiques (ARET) à Rouyn-Noranda a vivement réagi aux initiatives proposées. L’organisation déplore le manque d’action du gouvernement dans ce dossier. «L’équipe de la Fonderie Horne a travaillé avec des paramètres imposés par Glencore et non avec des exigences précises que le gouvernement aurait dû imposer pour régler le problème de santé publique auquel nous faisons face» a déclaré Valérie Fournier, porte-parole du comité.

Le plan ne comporte aucun échéancier et aucun objectif chiffré de réduction d’arsenic, souligne le comité ARET, composé de parents d’enfants du quartier Notre-Dame et de citoyens affectés par la situation.

Les trois projets

Le plan élaboré au cours des deux derniers mois par la fonderie comporte trois projets, détaillés dans un communiqué transmis lundi par l’entreprise.

L’échantillonnage des terrains du quartier Notre-Dame et la restauration des sols lorsqu’ils dépassent 100 ppm d’arsenic avaient déjà été mis en place.

On prévoit donc un programme d’échantillonnage des sols supplémentaire, sur une base volontaire, pour les ménages du quartier ayant des enfants de 6 ans et moins. Les sols échantillonnés dépassant 30 ppm d’arsenic seraient restaurés la même année, si les propriétaires acceptent les travaux.

L’échantillonnage des sols serait exécuté annuellement pour les écoles, les garderies et les parcs.

La compagnie prévoit également remplacer et réduire le nombre de vaisseaux métallurgiques requis pour la production du cuivre. Cette nouvelle technologie devrait contribuer à diminuer les émissions d’arsenic.

On propose l’aménagement d’une zone de transition entre la Fonderie Horne et le quartier Notre-Dame. Rappelons que la résidence la plus près de la fonderie se situe à moins de 100 mètres de l’usine. Le tout permettrait d’obtenir des espaces de stationnement pour les employés de la fonderie et de verdir le secteur, par l’ajout d’arbres et autres plantes. L’investissement prévu pour ce projet varierait entre 5 et 10 millions de dollars.

Le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charrette, a pris connaissance du rapport, a-t-il indiqué dimanche par voie de communiqué.