(Québec) L’opposition et des organismes écologistes déplorent que le gouvernement Legault n’adopte pas des cibles de réduction des gaz à effet de serre (GES) plus ambitieuses pour 2030.

Patrice Bergeron
La Presse canadienne

Plusieurs États ont pourtant emboîté le pas à la demande d’un groupe d’experts de l’Organisation des Nations unies (ONU).

Le Parti libéral (PLQ), Québec solidaire (QS), le Parti québécois (PQ), Greenpeace et Équiterre auraient souhaité que le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, profite de sa présence au sommet annuel des Nations unies sur les changements climatiques, la COP25, à Madrid, pour annoncer des cibles de réduction des GES plus exigeantes, conformément à ce que demandent les scientifiques.

En entrevue avec La Presse canadienne mercredi, M. Charette a toutefois écarté un scénario plus ambitieux pour 2030.

Le Québec s’est fixé comme cible une réduction de 37,5 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) pour 2030, par rapport au niveau de 1990, mais le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) appelle les États à viser les 50 % pour 2030, et zéro émission en 2050, pour éviter la catastrophe climatique.

Plus de 70 pays se sont ainsi engagés à réduire encore davantage leurs émissions d’ici à 2030, a fait remarquer Greenpeace Canada, qui exige plus d’ambition de la part du gouvernement Legault.

La porte-parole de l’opposition officielle en environnement, Marie Montpetit, a aussi réclamé plus de leadership de la part de la Coalition avenir Québec (CAQ). Le Québec a déjà les atouts pour réussir, mais le gouvernement Legault manque de volonté, estime-t-elle.

Si on vise zéro émission en 2050, « il faut ajuster les autres cibles en conséquence », a-t-elle déclaré en entrevue avec La Presse canadienne vendredi depuis Madrid.

« La cible de 37,5 %, c’est une vieille cible, il faut la mettre à jour, il faut rehausser l’ambition » en fonction des nouvelles données scientifiques, a pour sa part lancé la députée de Mercier, Ruba Ghazal, de Québec solidaire, en entretien depuis Madrid.

Le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, apporte des nuances. Le porte-parole péquiste en environnement est certes favorable à réduire davantage les émissions de GES du Québec, mais encore faut-il un plan avec des mesures, ce qu’il attend toujours de la CAQ.

« Si on a un plan clair qui nous permet d’atteindre les cibles en les haussant, je vais être d’accord », a-t-il dit dans une entrevue téléphonique depuis Barcelone vendredi.

Il a rappelé que le gouvernement Legault a déjà renoncé à la cible de réduction de 20 % pour 2020.

Également, la chercheure principale d’Équiterre en choix collectifs en matière de changements climatiques, Caroline Brouillette, a demandé la mise en place de cibles intermédiaires avant d’atteindre le grand objectif de la carboneutralité, zéro émission de GES en 2050.

« Il est plus que désolant que le Québec n’ait rien proposé de nouveau à la COP25 et qu’il ait refusé de s’engager à adopter une cible plus ambitieuse pour 2030 de manière à respecter l’Accord de Paris et les exigences de la science du climat », a pour sa part déclaré le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin.