(Toronto) Trois des premiers ministres provinciaux du Canada annonceront dimanche un plan visant à lutter contre les changements climatiques qui repose sur de petits réacteurs nucléaires, a annoncé samedi une société qui est en train de les mettre au point.

La Presse canadienne

Dans un communiqué de presse publié samedi, ARC Nuclear, une entreprise établie au Nouveau-Brunswick, annonce que son président sera présent à une cérémonie de signature à laquelle participeront dimanche les premiers ministres du Nouveau-Brunswick (Blaine Higgs), de l’Ontario (Doug Ford) et de la Saskatchewan (Scott Moe).

Les trois provinces comptent collaborer sur la mise en service de réacteurs modulaires « dans le but d’atténuer les effets des changements climatiques »

Selon le gouvernement ontarien, Doug Ford rencontrera ses homologues Scott Moe et Blaine Higgs, pour une conférence de presse qui se déroulera dans un hôtel situé près de l’aéroport international Pearson.

Les porte-parole des cabinets de Scott Moe et de Doug Ford ont confirmé que l’annonce commune est liée à un accord sur les petits réacteurs modulaires.

M. Moe a déclaré plus tôt ce mois-ci que le nucléaire devait être déployé dans le monde entier afin de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre. Il a ajouté que sa province était bien placée pour soutenir davantage l’énergie nucléaire, faisant état de ses vastes réserves de minerai d’uranium à haute teneur.

Les trois premiers ministres sont des opposants à la taxe sur le carbone imposée par le gouvernement fédéral.

ARC Canada, dont le siège social est situé à Saint-Jean, affirme que sa mission est de commercialiser un petit réacteur modulaire avancé qui, selon elle, peut « fournir une énergie sûre, fiable, économiquement compétitive et sans émissions de carbone ».

La société a déclaré qu’elle espérait que la réunion des trois provinces démontrerait le rôle que peuvent jouer les petits réacteurs pour aider le Canada à atteindre ses objectifs en matière de changement climatique.

Scott Moe a indiqué que la Saskatchewan s’attaquerait au changement climatique au cours de la prochaine décennie en se concentrant sur la technologie de captage et de stockage du carbone et en intensifiant ses efforts de recherche autour des petits réacteurs nucléaires modulaires.

Cependant, la possibilité d’amener de l’énergie nucléaire en Saskatchewan pourrait prendre plusieurs années.

Après le discours du Trône d’octobre dans lequel les sources d’énergie alternatives ont été vantées, le ministre de l’Environnement, Dustin Duncan, a déclaré que le Canada pourrait se doter de technologie nucléaire modulaire avant 2030, mais que ce ne serait probablement pas en Saskatchewan, car la province n’a pas de site nucléaire, contrairement à l’Ontario et le Nouveau-Brunswick.

En juin 2018, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a versé 10 millions de dollars pour faire de la province un chef de file de la technologie des petits réacteurs modulaires.

Énergie Nouveau-Brunswick, qui exploite la centrale nucléaire de 660 mégawatts de Point Lepreau près de Saint Jean, a déclaré que les petits réacteurs modulaires nucléaires sont conçus pour produire entre cinq et 300 mégawatts et que « les unités peuvent être construites et expédiées aux emplacements où elles sont assemblées sur place. »

Le site Web d’ARC Canada indique que les petits réacteurs modulaires sont conçus de façon à ce qu’il y ait « un système de sécurité passif » accessible « qui garantit qu’il ne peut y avoir de fusion du réacteur » même en cas de grande catastrophe.