(Paris) Grève en Allemagne, chaîne humaine aux Pays-Bas, blocage d’entrepôts Amazon en France : les initiatives anti-Vendredi fou se sont multipliées vendredi pour dénoncer la surconsommation et ses conséquences climatiques, au moment où débute une nouvelle série de manifestations mondiales contre le réchauffement.

Loïc VENNIN à Paris avec les bureaux de l'AFP
Agence France-Presse

« Aujourd’hui, Amazon a les émissions de gaz à effet de serre d’un État », a dénoncé Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France, participant à un sit-in avec plusieurs dizaines d’autres militants devant le siège français d’Amazon à Clichy, près de Paris.

> Manifestations anti-Vendredi fou au Québec

Réunis notamment à l’appel d’ATTAC et Greenpeace pour cette action présentée comme « non violente et joyeuse », les manifestants ont déroulé des banderoles hostiles au géant du commerce en ligne avant de s’assoir’asseoirdevant le siège de l’entreprise aux cris de : « On dit stop au Black Friday et son impunité ! ».

« On a besoin plus que jamais d’actions de désobéissance civile car Amazon est un symbole d’impunité », notamment fiscale, a estimé l’eurodéputée Manon Aubry (LFI, gauche radicale), présente lors de la manifestation.

PHOTO GONZALO FUENTES, REUTERS

Des activistes de l’association Étudiants pour le climat ont manifesté dans un centre commercial de Puteaux, près de Paris.

En Allemagne, des centaines d’employés d’Amazon, selon le syndicat, ont profité de ce Vendredi fou pour attirer l’attention sur leurs conditions de travail.

« Leur travail ne peut pas être rémunéré à des montants dérisoires », a dénoncé dans un communiqué le syndicat Verdi, à l’origine de la grève prévue pour durer jusqu’à mardi.

Le syndicat, qui réclame une convention collective pour garantir « un salaire décent et des emplois de qualité et sains », accuse Amazon de « priver le personnel de ses droits fondamentaux » et de l’employer « sous pression extrême ». « En conséquence, de nombreux employés tombent malades », prévient le syndicat.

Amazon a de son côté minimisé l’impact de la grève, assurant que les commandes seraient livrées « dans les temps ».

« Block Friday »

« Amazon détruit les emplois et le climat », « Block Friday », pouvait-on lire sur des banderoles dressées par une quarantaine de militants devant le site Amazon de Flers-en-Escrebieux, dans le nord de la France, dont l’entrée était protégée par une vingtaine de policiers, a constaté un vidéaste de l’AFP.  

Plusieurs autres actions de ce type ont eu lieu en France : près de Lyon, une centaine de militants ont bloqué brièvement deux entrées d’un entrepôt d’Amazon. Jeudi déjà, plusieurs dizaines de militants de mouvements écologistes avaient brièvement bloqué le centre de distribution d’Amazon de Brétigny-sur-Orge, non loin de Paris.

À Strasbourg, des affiches hostiles au Vendredi fou ont été collées sur de nombreux panneaux d’affichage et vitrines de magasins du centre-ville. Parmi les slogans : « Black Friday, mauvais plan pour le climat », « surconsommer ne rend pas heureux », « Black Friday, soldes sur la planète ».

Au Royaume-Uni, où les distributeurs comptent sur le Vendredi fou pour tenter de remédier à la frilosité des consommateurs à cause des incertitudes liées au Brexit, un groupement d’artistes de Bradford dans la région du Yorkshire appelle les gens à un « Buy Nowt Friday », « Nowt » signifiant « nothing » (rien) dans le dialecte local.

À Madrid, Greenpeace a déployé une banderole sur une façade en rénovation de la Gran Via, la grande artère commerçante de la ville.

PHOTO PIERRE-PHILIPPE MARCOU, AGENCE FRANCE-PRESSE

Des activistes de Greenpeace ont installé une banderole sur un immeuble de Madrid.

À quelques jours de l’ouverture de la COP25 dans la capitale espagnole, l’ONG y a écrit « Consumérisme=crise climatique ».

Des étudiants de l’association Students for Climate (Étudiants pour le climat) prévoyaient de former une chaîne humaine à Maastricht pour protester contre la surconsommation liée au Vendredi fou.

Ces actions ont lieu au moment où était donné, vendredi en Asie-Pacifique, le coup d’envoi d’une nouvelle série de manifestations mondiales contre le réchauffement climatique.

À Tokyo, des centaines de personnes ont défilé dans le quartier commercial de Shinjuku. « Je ressens un sentiment de crise car presque personne au Japon ne s’intéresse au changement climatique », a regretté Mio Ishida, une étudiante de 19 ans.